‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 144 sur 270 · ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE DES CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE DES CORPS ÉTRANGERS

s’absorbent, ce fait n’est pas douteux pour les liquides et poulies gaz. Ils s’éliminent quelquefois. L’élimination est indiscutable; souvent elle s’opère tout naturellement par le seul fait de la progression dans une cavité muqueuse, celle du tube digestif, par exemple.

Lorsque le corps étranger est placé au milieu de nos tissus, l’expulsion est habituellement le résultat de l’inflammation plus ou moins vive que sa présence détermine. L’inflammation est souvent suppurative, l’élimination s’opère alors en même temps que le pus se fait jour au dehors.

Quelquefois le corps étranger chemine au travers des tissus en se rapprochant des surfaces extérieures, cette progression se fait dans ce cas à la faveur de Y absorption progressive , de Y inflammation ulcêrative (Hanter). Il n’y a le plus souvent, à proprement parler, qu’une progression mécanique au milieu des tissus, et ce n’est qu’au niveau de la peau ou de la muqueuse que l’ulcération se réalise et que l’élimination est alors complète.

Le corps étranger s’enkyste parfois ; il s’entoure d’une membrane isolante, et dans ces conditions peut séjourner très longtemps au milieu des tissus sans donner lieu à aucun trouble appéciable ; on dit alors qu’il est toléré. Cette tolérance est, du reste, difficile à apprécier. Elle dépend tout d’abord de la nature du corps étranger. Ainsi les corps métalliques, surtout les fragments de plomb, les morceaux de verre sont remarquablement bien tolérés par l’économie ; ceux d’origine végétale ou animale, tels que des morceaux de bois, le sont beaucoup moins. Ce phénomène dépend encore de la nature des tissus au milieu desquels il se passe. Le siège plus ou moins profond exerce une grande influence aussi sur le degré de la tolérance qui est d’autant plus grande que ce corps est placé plus profondément. Le fait peut être attribué probablement à ce que le foyer traumatique est soustrait en même temps au contact de l’air et à l’action des chocs extérieurs.

Ber.ne. — Pot h. chir. II.

Modifications 'physiques. — Ces modifications tiennent en partie à la nature des corps et à celles des milieux dans lesquels ils se trouvent placés. Sans vouloir entrer dans des détails trop complets, nous vous indiquerons les quelques remarques suivantes.

Les corps étrangers s’imbibent souvent de liquides, ils se gonflent et se ramollissent. La science possède de nombreux exemples de pois, de haricots qui se sont imprégnés de l’humidité des parties avec lesquelles ils ont été en contact.

On a signalé encore la germination de certaines graines enfermées dans l’intestin ou dans les bronches. (Caron, Bulletin cle la Société anatomique, 1855.)

Le ramollissement se produit parfois sous l’influence de la chaleur. Leroy d’Etiolles en a rapporté un cas où ce phénomène spontané facilita beaucoup l’extraction d’un fragments de cire placé dans la vessie.

Une modification importante qui survient p our les fragments d’acier introduits dans nos tissus a été étudiée avec soin par le docteur Laborde dans un intéressant mémoire publié dans la Gazette hebdomadaire de 1871. Lorsque l’on plonge une., aiguille d’acier poli dans les tissus, au bout de peu de temps elle perd son éclat métallique, elle devient terne, en un mot elle s’oxyde : ce fait explique assez bien l’émoussement des pointes d’aiguilles ou d’épingles après un certain séjour dans l’organisme. Phénomène assez bizarre, cette oxydation ne seproduitpas sur le cadavre, même sur le cadavre réchauffé. L’absence complète de l’oxydation serait donc un signe de mort, et, en sens inverse, si le phénomène a lieu sur un sujet que l’on peut croire tout d’abord privé de vie, c’est une raison pour affirmer que la mort n’est pas encore réalisée.

Le docteur Laborde a recueilli à ce sujet une observation importante. Chez un blessé abandonné comme mort, l’oxydation d’une aiguille introduite dans les chairs commençant à se produire, il conclut à la persistance de la vie, continua avec

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