MODIFICATIONS PHYSIQUES DES CORPS ÉTRANGERS
persévérance une médication stimulante et fut assez heureux pour voir le malade se rétablir.
Vous noterez l’incrustation de sels calcaires, lorsque le corps étranger séjourne dans l’intestin, la vessie, l’urètre. Ce phénomène, plus fréquent chez l’animal, produit alors ce que l’on décrit sous le nom de bézoards et d’œgagropiles. Nous devons examiner, en outre, les effets, ou mieux les accidents produits par les corps étrangers.
Accidents dus à la présence des corps étrangers. — Il est presque impossible de pouvoir passer en revue dans une étude générale tous les phénomènes qui succèdent à l’introduction des corps étrangers dans l’organisme; si nous voulions le faire d’une manière complète nous devrions apprécier :
1° Les accidents produits par l’introduction des corps étrangers au niveau des parties molles ou dures de la tète, du tronc ou des membres ;
2° Les accidents produits par l’introduction de corps étrangers au niveau des organes importants, cerveau, cœur, poumons, foie ;
3° Les accidents produits par les corps étrangers des conduits muqueux, œsophage, intestin, estomac, canal laryngo-trachéal, voies urinaires, vagin, canaux glandulaires ;
4° Les accidents produits parles corps étrangers des cavités closes, séreuses viscérales articulaires, cavités vasculaires.
5° En dernier lieu, les accidents produits par les corps étrangers simplement appliqués sur la peau (anneaux de clef, bagues, viroles placés au niveau des doigts ou de la vierge) .
Une étude de tous ces faits nous entraînerait nécessairement dans des questions de pathologie spéciale ; nous nous contenterons seulement des quelques observations générales suivantes :
1° Accidents au niveau des parties molles ou dures de la tête , du tronc et des membres. — Voici, relativement aux faits de ce genre, ce que vous retiendrez de plus important :
Presque toujours la présence du corps étranger détermine des accidents inflammatoires qui entravent les phénomènes de réparation de la plaie, et l’on voit souvent survenir des symptômes plus ou moins graves de phlegmons, de phlegmons diffus ou de gangrène, en rapport avec la susceptibilité des parties, la nature plus ou moins irritante des corps étrangers, et l’état général du sujet.
Quelquefois l’on voit simplement se former un ou plusieurs trajets fistuleux.
Souvent, comme nous l’avons déjà fait observer, le corps étranger émigre plus ou moins loin des tissus au niveau desquels il se trouvait tout d’abord. Poulet a formulé sous ce rapport quelques lois générales que vous devrez vous rappeler :
a) Tous les corps étrangers migrateurs cheminent dans l’épaisseur des tissus, et surtout dans le tissu cellulaire, sans s’entourer d’une enveloppe protectrice.
b) Le sens dans lequel ils progressent n’est pas toujours indéterminé, et ils ont une tendance manifeste à obéir à l’action de la pesanteur, ainsi qu’à se rapprocher de la peau.
L’enkystement que nous avons signalé en nous occupant du sort des corps étrangers n’est pas toujours définitif : le kyste peut se rompre, et l’on voit ultérieurement survenir de nouveaux phénomènes inflammatoires.
2° Accidents au niveau des organes. — Le corps étranger, avons-nous dit, peut pénétrer quelquefois profondément dans un organe important, tel que le cerveau, le cœur, les poumons, le foie.
Dans ces conditions, le plus souvent la mort est rapide et survient avant toute réaction locale: c’est qu’en effet une fonction importante se trouve compromise par le fait de la cause irritante. Rappelez-vous que les corps étrangers du cerveau et du cœur déterminent des accidents plus graves que ceux des poumons et du foie.
Quelquefois l’inflammation consécutive a le temps de s’éta-