‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 146 sur 270 · ACCIDENTS DÉTERMINÉS PAR LES CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DÉTERMINÉS PAR LES CORPS ÉTRANGERS

blir, des accidents spéciaux surviennent alors; la mort en est le plus souvent la conséquence.

L’inflammation consécutive est parfois très modérée, presque nulle, et la tolérance s’établit. Des faits assez nombreux ont été cités, pour le cerveau, le cœur, les poumons ou le foie. Ils sont bien indiqués dans la thèse récente du docteur Weiss (De la tolérance des tissus four les corps étrangers , Paris, 1880).

Dans quelques circonstances, la tolérance n’a lieu que pour un certain temps, et l’on voit brusquement les accidents plus ou moins graves réapparaître. Pour les corps étrangers du cerveau, une particularité anatomique peut rendre compte de ce fait. La membrane kystique qui se forme autour du corps est presque toujours d’une ténuité extrême. C’est au niveau des poumons que la tolérance se réalise le plus facilement.

Au niveau du foie, les accidents consécutifs sont fréquents, et l’on voit survenir soit des hémorragies, soit des péritonites graves. En résumé :

Mort rapide sans réaction ;

Réaction vive, accidents spéciaux et mort fréquente ; Réaction nulle et tolérance ;

Réaction modérée, possible souvent pour les corps étrangers du poumon et du foie.

3° Accidents au niveau d’une muqueuse. — Lorsque le corps étranger est placé au niveau d’une muqueuse, la réaction inflammatoire est moindre. Dans bien des cas, la tolérance est même possible : si le corps étranger, par exemple, est d’un contact peu irritant, si son séjour est de courte durée, si la muqueuse est plus ou moins habituée, comme la muqueuse intestinale, à la présence de matières étrangères.

Voici, du reste, les distinctions que vous pourrez retenir :

1° Le corps étranger demeuré libre se meut dans la cavité qui le contient, et peut alors sortir ou être extrait assez facilement

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par les voies naturelles. Ce résultat ne s’obtient souvent qu’âpres une série d’accidents spéciaux plus ou moins graves, suffocation et complications pulmonaires pour les corps étrangers du larynx, de la trachée et des bronches : obstructions intestinales pour ceux des voies digestives ; coliques néphrétiques, rétention d’urine pour ceux des voies urinaires.

On est parfois étonné de l’expulsion relativement facile de bien des corps étrangers, dans des circonstances qui semblent tout d’abord éminemment défavorables. Ainsi Brechet a rapporté l’histoire d’un matelot qui avala une première fois quatre couteaux lesquels furent expulsés quelques jours après par l’anus ; une seconde fois, il en avala quatorze ; une troisième fois, dix-sept ; il en mourut, mais seulement quelques années plus tard.

Foville ( Gazette hebdomadaire, 1874) raconte qu’un aliéné avala un jeu de dominos tout entier ; les corps étrangers furent rendus par les selles sans le moindre accident. Des aiguilles, des épingles peuvent être expulsées ; il y a peu de temps, le docteur Zoja (Gaz. med. Lomb., 1876) a démontré expérimentalement ce fait.

Il est facile de comprendre que cette expulsion est toujours plus difficile dans certaines conditions, au niveau des voies respiratoires, par exemple.

Le corps étranger n’est pas expulsé. Trois phénomènes surviennent alors :

Il peut en résulter des accidents graves, très graves et même mortels, évidemment en rapport avec la position que le corps étranger occupe.

La tolérance peut s’établir. Le fait est rare, très rare pour les voies respiratoires, un peu plus fréquent pour les voies digestives et pour le conduit auditif.

Il peut se faire que le corps étranger émigre, qu’il tende à s’échapper en perforant la paroi; cela a lieu pour les voies respiratoires et pour les voies digestives. Des observations nom-

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