DIAGNOSTIC DES CORPS ÉTRANGERS
Quelquefois le sens cle l’ouïe peut vous être d’un grand secours; vous trouverez citée dans le Compendium, l’observation de Dupuytren percevant par l’auscultation du cou le bruit produit au moment de l’expiration par le choc, contre les cordes vocales, d’un haricot qui était placé dans la trachée.
2° Souvent le corps étranger n’est reconnaissable que par des procédés d'investigation spéciaux destinés à agrandir la sphère d’action de nos sens. Comme nous ne pouvons pas faire une étude approfondie de ces divers moyens, et que nous tenons cependant à vous en donner une idée nette, nous en établirons au moins la classification.
a) Il est des instruments pour mieux voir, pour mieux entendre :
! L’ophtalmoscope ;
L’otoscope;
I L'instrument à renforcement des sons, de Colin ;
Le laryncoscope ;
I L’endoscope pour l’urètre;
L’instrument dont Voltolini s’est servi pour éclairer la trachée;
Les divers spéculums du vagin, du rectum, de l’oreille,
l des fosses nasales.
b) Il en est pour perfectionner le toucher, les sondes, les lithotriteurs, les stylets.
c) Quelques-uns révèlent la présence des corps étrangers par la réalisation d’effets physiques, chimiques ou électriques. Le stylet deNélaton, le simple tuyau de pipe en terre proposé par Legouest, l’aiguille aimantée suspendue à un fil de soie, les procédés chimiques de Deneux, les explorateurs électriques, les petits électro-aimants portatifs de Millot.
Traitement. — La question du traitement comporte les mêmes difficultés que celles que nous venons de rencontrer pour le pronostic et pour le diagnostic. Rester dans les limites d’une simple étude des généralités, c’est dire bien peu; entrer dans
des détails qui nécessiteraient un examen approfondi de pathoogie spéciale, c’est aborder un bien grand sujet. Nous tâcherons d’éviter l’un et l’autre écueil.
Le traitement comprend des propositions générales et des propositions spéciales.
Gomme l’organisme cherche souvent à lutter naturellement contre la présence d’un corps étranger, soit en favorisant son expulsion, soit en le tolérant, le devoir du chirurgien consiste à observer la nature; mais, dans bien des cas cependant, la nature ne peut triompher seule et le rôle du chirurgien doit alors être actif.
Le traitement général peut, du reste, se résumer dans les deux divisions suivantes.
IA. L’expectation : expectation raisonnée, intelligente, toute prête à agir, si nous osons dire ainsi.
B. L’intervention : intervention qui comporte l’extraction par les voies naturelles et l’extraction par une voie artificielle.
Vous observerez que souvent l’hésitation est impossible, qu’il s’agisse de se décider pour l’un ou l’autre de ces deux partis. Ainsi un corps étranger est introduit dans les voies respiratoires, le malade est en proie à des phénomènes d’asphyxie, la mort est imminente, des symptômes indiquent que le corps étranger est placé, par exemple, dans la trachée, il n’y a pas d’hésitation, la trachéotomie est indiquée : agissez. D’autre part, un blessé est porteur depuis longtemps de corps étrangers de nature diverse, une balle, des aiguilles; mais aucun accident n’existe, l’extraction pourrait être dangereuse : vous devrez vous abstenir.
Malheureusement, dans bien des cas, l’hésitation est possible, et, comme il est facile de le prévoir, les chirurgiens ont tantôt penché plus complètement pour le parti de l’intervention, tantôt pour le parti opposé. Ainsi Verneuil, en 1876, dans une séance de la Société de chirurgie, s’est élevé contre la première