‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 171 sur 270 · PATHOLOGIE GÉNÉRALE DU DÉLIRE NERVEUX · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE GÉNÉRALE DU DÉLIRE NERVEUX

Après l’examen du tétanos, nous joindrons à cette leçon l’étude d’une autre complication d’origine nerveuse, moins grave que l’accident que nous venons de décrire, mais plus fréquente; cette complication a été dénommée par Dupuytren le délire nerveux.

Nous envisagerons successivement ce que l’on peut appeler la pathologie générale du délire ; l’étiologie, la symptomatologie, le diagnostic et le traitement du délire nerveux.

Pathologie générale cia délire. — - Sans entrer dans des détails trop complets, nous croyons cependant devoir définir le délire, en analyser les diverses espèces, et rechercher l’état pathologique cérébral qui y correspond .

Le mot délire peut désigner en médecine tout ce qui s’écarte des voies naturelles; suivant quelques auteurs, en effet, cette expression viendrait de de, hors, et lira , la ligne; il y aurait ainsi le délire, ou mieux l’aberration de toute espèce de fonctions ; mais l’usage a prévalu, et l’on réserve habituellement cette dénomination aux seuls désordres des facultés intellectuelles.

Le délire ainsi compris se présente sous trois aspects :

1° 11 est parfois lié à l’état de folie ou d’aliénation mentale. Nous n’avons pas à nous en occuper ici.

2° Il peut quelquefois survenir à la suite d’une maladie, tel est le délire provenant d’une pneumonie, de la fièvre typhoïde ou de toute autre maladie.

3° Il se développe, dans quelques circonstances, après un traumatisme plus ou moins grave, purement accidentel ou opératoire.

Gomme ces deux dernières catégories peuvent être réunies, on pourrait distinguer seulement deux espèces de délire: l’un, le délire vésanique; l’autre, le délire non vésanique, ce dernier comprenant le délire des maladies aiguës ou chroniques, et le délire nerveux proprement dit, survenant après les traumatismes.

Quand le délire se produit, on peut affirmer qu’il existe toujours un état cérébral spécial : tantôt le cerveau est directement lésé, le délire est alors dit symptomatique; c’est ce qui arrive, par exemple, à la suite d’une encéphalite. D’autres fois, le cerveau est simplement mis enjeu comme organe deréception et de réflexion : dans ce cas, le délire est dit réflexe ou sympathique. Dans ce dernier exemple , le cerveau perçoit tout d’abord des excitations plus ou moins vives émanant d’un traumatisme ou d’un état pathologique réalisé dans une autre partie de l’organisme, il réagit ensuite par le délire. Le délire sympathique ou réflexe est, du reste, bien plus fréquent que le délire symptomatique; d’après quelques auteurs, cette proportion serait même vingt fois plus forte. Ghomel avait l’habitude de s’exprimer ainsi : « Quand je vois, disait-il, un malade en proie au délire, je suis entraîné à en rechercher la cause dans les organes éloignés avant de la demander au cerveau. » Lorsque le délire sympathique a existé pendant un certain temps, il peut arriver que des lésions cérébrales se réalisent consécutivement.

Après ces quelques indications, examinons en particulier l’étiologie, la symptomatologie, le diagnostic et le traitement du délire nerveux.

Etiologie. — 1° Le délire nerveux peut survenir à la suite de toute espèce de traumatismes.

2° Cette complication est surtout à craindre lorsque le trau matisme a eu lieu chez des sujets d’un caractère pusillanime et dont le cerveau a été ébranle par quelques émotions plus ou moins vives; ainsi dans les cas de traumatisme survenus à la suite de tentatives de suicide, le délire nerveux survient fréquemment. Il en est de même pour ceux qui ont subi une opération, soit avec une crainte exagérée, soit avec un sentiment d’exaltation contre nature.

3° Les cas de délire nerveux sont plus fréquents chez l’homme que chez la femme. Dupuytren n’en cite aucune observation chez

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