ÉTIOLOGIE OR L'INFECTION PURULENTE
Nous assisterons pas longuement sur l’étiologie, le pronostic, le diagnostic et le traitement de cette affection, il nous paraît cependant nécessaire de vous donner sur ce sujet quelques indications.
Étiologie. — Les causes de l'infection purulente doivent se diviser en deux catégories : causes efficientes et causes prédisposantes. Les causes efficientes consistent dans des conditions hygiéniques mauvaises, surtout des conditions d’encombrement au milieu desquelles le blessé peut être placé. Ces conditions créent, pour ainsi dire, comme un marais, dont les émanations, au lieu de transmettre l’état paludéen, transmettent la pyohémie. La contagion est, en deuxième lieu, la cause efficiente de la maladie. Actuellement les chirurgiens prennent des précautions beaucoup plus grandes pour désinfecter complètement tous les objets destinés à toucher un blessé, aussi l’infection purulente est-elle devenue beaucoup plus rare.
Gomme causes prédisposantes, notons rapidement les quelques observations suivantes : Les blessés affaiblis, malades, cachectiques sont évidemment plus aptes à percevoir l’influence de l’infection ; il n’est pas rare cependant de voir la maladie se déclarer chez des sujets forts et vigoureux.
L’enfant est moins sujet à la pyhoémie que l’adulte. Le fait est positif, et la plupart des observations l’ont constaté ; à une époque où l’infection purulente décimait les blessés de l’Hôtel- Dieu, nous ne nous souvenons pas d’avoir fait une autopsie d’infection purulente chez les enfants blessés de notre service de la Charité. Chez l’enfant, la résistance vitale est plus complète, et la plasticité du sang beaucoup plus grande. Néanmoins quelques observations ont été relatées chez de très jeunes enfants. Savori, Braidwood, Bristowe ont cité des faits chez des enfants de quelques mois seulement. Il est tout naturel que l’infection purulente trouve des conditions plus favorables pour sa production au niveau de certaines régions et de certains tissus. Dans tous les endroits où le système vasculaire est très développé, l’absorp-
lion du poison est toujours plus facile, la maladie, par conséquent, plus à redouter.
Pronostic. — Le pronostic de l’infection purulente est de la plus liante gravité, beaucoup d’auteurs ont même affirmé qu’il était toujours fatal. Ainsi Bérard, Velpeau ont émis cette opinion. Les auteurs du Compendium étaient si pénétrés de cette pensée que dans l’article qu’ils ont consacré à cette affection, ils ont laissé à peu près complètement de côté l’étude du pro nostic et du traitement. Sédillot, un des premiers, a examiné d’une façon sérieuse ce que l’on peut appeler le pronostic de la curabilité. Il est évident que dans des conditions spéciales le poison peut agir avec moins d’intensité, surtout lorsque les causes que nous avons appelées prédisposantes agissent dans un sens favorable. Actuellement il n’est pas douteux que l’infection purulente guérit quelquefois sans que l’on soit autorisé à affirmer, comme Sédillot, que c’est une des maladies dont la guérison est fréquente.
Diagnostic différentiel. — Le diagnostic présente le plus ordinairement peu de difficultés, le frisson du début, l’élévation de la température, la courbe thermale atypique, suffisent pour entraîner la conviction, mais tout à fait au début on comprend que le doute soit possible et que dans bien des cas on hésite pour savoir si l’on aura à faire à un simple cas de fièvre traumatique ou à une pyhoémie commençante. Souvent aussi, le plus souvent même, l’infection purulente est mélangée de septicémie ; il est alors à peu près impossible de distinguer ce qui revient à l’un ou à l’autre de ces deux états morbides. Lorsque la plaie est compliquée de ce que l’on appelle la septicémie on voit apparaître des symptômes différentiels que nous étudierons dans un instant. On a décrit une forme chronique de septicémie à laquelle des auteurs, Bérard entre autres, un des premiers, a donné le nom d’infection putride; cet état évolue lentement sans présenter de frissons réguliers, le malade s’affaise peu à peu et tombe dans le marasme. La symptomatologie, comme vous