TRAITEMENT DE LA POURRITURE D’HOPITAL
en pareil cas, arroser les surfaces malades avec du jus de citron. Nous acceptons cette médication.
Cas graves. — Lorsque la pourriture d’hôpital se présente avec des phénomènes plus graves, il faudra chercher à modifier la plaie plus profondément ; les lotions seront plus fréquentes. On a conseillé alors l’emploi de la teinture d’iode; il a semblé tout d’abord que l’on possédait dans ce moyen un topique presque spécifique ; il n’en est rien cependant. Marmy en a souvent fait usage et toujours sans succès.
O11 avait conseillé autrefois le chlore à l’état gazeux, l’acide azotique à l’état naissant. Le docteur Paterson, le docteur Fleury, chirurgien en chef de la marine, à Cherbourg, ont signalé quelques faits heureux ; mais cette médication est difficile à mettre en usage et son emploi ne s’est pas vulgarisé.
Le perchlorure de fer a été souvent employé dans les cas de gravité moyenne : cette médication détermine souvent des douleurs intolérables, et, du reste, les succès obtenus n’ont pas été très importants. Dans les cas de pourriture d’hôpital à forme pultacée, la pommade au goudron a souvent réussi au docteur Marmy. Les lotions chlorurées, celles au sulfate de fer seront toujours utilisées pour enlever l’odeur. Il est tout naturel de mettre à profit les avantages des pansements antiseptiques.
Cas très graves. — Lorsque la pourriture d’hôpital se présente avec des phénomènes très graves, il faut avoir recours à l’emploi des caustiques. Le fer rouge est celui dont l’intervention est la plus efficace. Il réussit surtout dans les cas de forme ulcéreuse.
Si la pourriture d’hôpital est de forme pultacée, des précautions plus grandes devront être prises: vous aurez bien soin, par exemple, de faire porter préalablement l’action caustique directement sur une surface bien détergée.
Marmy conseille les cautérisations pointillées autour de la plaie, à 2 centimètres environ du cercle rouge et induré que
riERNii. — rath. chir., II.
Q U AR AN TE -HU I TI EM E L EÇO N
nous vous avons signalé. En procédant ainsi, vous jugerez rapidement si l’opération doit réussir. Lorsque l’application du fer rouge ne détermine pas de douleur, le pronostic peut être considéré comme très grave : il est probable que la réaction ne se fera pas suffisamment, il est donc nécessaire d’employer la cautérisation plus énergiquement.
Des complications de gangrène ou d’hémorragie nécessiteront souvent des indications spéciales. Il est inutile d’insister sur ces détails.
Comme médication locale, il nous reste à vous signaler un traitement prétendu spécifique, le traitement par le camphre. Les observations de Netter ont tout d’abord semblé très favorables à l’emploi de cette substance ; nous avons eu souvent l’occasion d’utiliser cette médication en 1870, pour des blessés des ambulances ; nous en avons constaté de bons effets, mais dans des cas de pourriture d’hôpital peu graves. Il serait facile d’instituer quelques expériences pour démontrer d’une façon rigoureuse si l’emploi du camphre détruit ou non le principe infectieux de la maladie, comme Olivier l’avait prétendu.
Traitement général. — Le traitement général ne comporte rien de spécial, il nous semble inutile d’insister de nouveau sur des moyens que nous avons déjà passés en revue, pour le traitement de l’érysipèle et pour celui de la pyohémie ; nous préférons vous donner un tableau d’ensemble de l’étiologie, du pronostic et du traitement.
ÉTIOLOGIE — PRONOSTIC — TRAITEMENT