‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 201 sur 270 · TRAITEMENT DE LA POURRITURE D’HOPITAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA POURRITURE D’HOPITAL

Traitement. — Le traitement de la pourriture d’hôpital peut se diviser en traitement préventif et en traitement curatif.

A. Traitement préventif. — Pour appliquer ce traitement, vous prendrez en considération les indications étiologiques sur lesquelles nous avons appelé votre attention. L’encombrement est une des causes les plus actives du développement de la maladie, vous chercherez nécessairement à l’éviter en espaçant les lits des blessés, en donnant de l’air le plus possible; mais malheureusement il vous sera parfois difficile de réaliser ces conditions. Employez souvent des fumigations au chlore ou au brome.

Soutenez toujours les forces des blessés. Olivier recommandait de saupoudrer dès le début toute plaie avec de la poudre de camphre, car il prétendait que la contagion, dans ces conditions, était beaucoup plus difdcile; jamais, disait-il, il n’avait pu réussir à inoculer des liquides mélangés d’une certaine quantité de camphre.

Puisque la maladie est contagieuse, vous comprenez toutes les précautions que vous devez vous imposer pour vous -mêmes et pour vos blessés.

B. Traitement curatif. — Le traitement curatif de la pourriture d’hôpital peut être divisé en traitement curatif local et en traitement curatif général : souvent les symptômes généraux faisant défaut c’est au traitement curatif local que vous aurez tout d’abord recours.

Traitement curatif local. — Il est peu de lésions contre lesquelles on ait conseillé un nombre aussi considérable de moyens locaux :

I émollients, résolutifs, antiphlogistiques, caustiques.

Malheureusement, comme il arrive presque toujours, richesse apparente en thérapeutique équivaut à misère réelle. L’applica-

QUARA NTE-HUITIEME LEÇON

tion des cataplasmes émollients a été longtemps mise en usage, mais l’expérience permet actuellement de se prononcer et l’on peut affirmer que l’emploi de ce moyen est rarement utile, le plus souvent même la médication est nuisible.

On a proposé sans beaucoup de réussite la plupart des teintures excitantes, teintures d’aloès, de myrrhe, de quinquina, de benjoin, baume du commandeur. Souvent on a conseillé de soupoudrer la plaie avec lapoudre de charbon et de quina. Delpech, Brachet (de Lyon), Dussaussoy employaient ce moyen. Dussaussoy joignait presque toujours à l’application de la poudre de quina, l’emploi de l’essence de térébenthine. En agissant ainsi, on détermine sur la surface de la solution de continuité la formation d’une couche épaisse qui empêche ensuite de pouvoir apprécier convenablement l’état des parties profondes, et souvent, sous cette couche imperméable, l’altération peut faire de rapides progrès. Presque tous les caustiques ont été mis à contribution, fer rouge, pâte de Vienne, pâte au chlorure de zinc. Dupuytren appliquait habituellement des tranches minces de citron sur la partie ulcérée.

Au lieu de chercher à vous signaler tout ce qui a été fait, il nous semble plus convenable de vous indiquer simplement le traitement que vous devrez employer. Le traitement curatif local comporte deux indications bien nettes : 1° Enlever avec le plus grand soin toute la couche pultacée qui recouvre la plaie; 2° modifier profondément la surface ainsi détergée, pour que l’exsudation pathologique ne se reproduise pas. Supposons un cas de gravité peu considérable,

: un cas grave, un cas très grave.

Cas légers. — Marmy, dans ces conditions, se contentait de prescrire tout d’abord des lotions avec de l’eau froide à laquelle il ajoutait le plus souvent un peu de sulfate de cuivre : 4 grammes de ce sel pour 100 grammes d’eau. La plaie était lavée avec de l’alcool camphré ou du vinaigre camphré ammoniacal. On peut,

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