‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 204 sur 270 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

QUARANTE-NEUVIÈME LEÇO N

Etude des tumeurs. — Synonymie. — Définition. — Définition de Broca, de Virchow de Billroth. — Nous acceptons la définition de Corail et Ranvier. — L'étude sérieuse des tumeurs ne remonte qu'à une époque peu éloignée de nous. — Etude préalable de la théorie du blastème et de la théorie cellulaire. — La théorie cellulaire peut être considérée comme due aux travaux de Raspail et de Royer-Collard. — Classification des tumeurs. — Classifications établies : 1° au point de vue des apparences extérieures ; — 2° au point de vue étiologique; — 3° au point de vue du pronostic ;

— 4° au point de vue de la circulation de la tumeur. — 5° au point de vue chimique ; — 6° au point de vue de l’anatomie pathologique, générale ou philosophique ;

— 7° au point de vue de l’anatomie histologique. — 8° Classifications mixtes. — Étude plus spéciale des classifications des deux dernières catégories. — Classification de Corail et Ranvier. — Classification de Lancereaux. — Importance de cette classification au point de vue clinique. — Classifications de Virchow, de Broca, de Robin.

Messieurs,

Nous commencerons aujourd’hui la troisième partie de notre cours, l’étude des tumeurs. Après avoir successivement passé en revue les lésions inflammatoires et les lésion traumatiques, nous devons nous occuper des lésions organiques. Nous pourrions donner à cette troisième partie un autre titre que celui que nous avons adopté. Pour les uns, cette étude s’appelle l’étude des productions accidentelles; pour les autres, étude des tumeurs, des néoplasmes, des pseudoplasmes, des productions morbides, des productions morbides sous forme de tumeurs.

1° Nous commencerons par étudier les tumeurs en général.

2°Nous analyserons quelques tumeurs en particulier, tumeurs malignes et tumeurs bénignes.

3° Nous étudierons les anévrismes, les considérant comme des tumeurs spéciales.

Ce plan se rapproche de celui qui nous a guidé dans nos divisions précédentes; ainsi, à propos de l’inflammation en général, nous avons cru devoir examiner certaines lésions à processus inflammatoire spécial, le phlegmon, l’anthrax, le furoncle ; à propos des lésions traumatiques, nous vous avons décrit les accidents spéciaux des plaies ; à propos des tumeurs, sans vouloir entrer dans des détails trop complets, il nous semble tout naturel aussi d’examiner en particulier l’étude de quelques tumeurs. Commençons par les considérations générales. Nous envisagerons la question des tumeurs au point de vue de la définition, de la classification, de l’étiologie et de la physiologie pathologique.

Définition. — Une définition du mot tumeur est difficile, si difficile que Brocaet Virchow, auteurs l’un et l’autre d’importants ouvrages sur cette question ne l’ont pas formulée d’une manière précise. Ainsi, pour Broca, ce mot désigne simplement tout accroissement de volume, toute saillie anormale, toute production pathologique nouvelle, apparente ou cachée, interne ou externe.

Virchow, après avoir insisté pour démontrer que ce que l’on désigne sous ce nom n’est rien moins que délimité dans la science, affirme qu’il est impossible de lui trouver un caractère commun général. « On aurait beau mettre quelqu’un à la torture, je ne crois pas qu’il y ait un seul homme capable de dire bien exactement ce que c’est qu’une tumeur. » Billroth appelle tumeurs, dans le sens clinique, des formations nouvelles qui reconnaissent d’autres causes que la néoplasie inflammatoire, et prennent un accroissement qui en général n’aboutit pas «à une fin typique, mais qui se prolonge à l’infini.

Page 1