‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 44 sur 270 · TRAITEMENT DE LA CONTUSION AU QUATRIEME DEGRÉ UI · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA CONTUSION AU QUATRIEME DEGRÉ UI

intervenir hâtivement : toutes les fois que l’intervention est hâtive, on augmente le danger, et même dans des proportions considérables.

2° I/écrasement que l’on pourrait tenter d’effectuer, d’après Champion, est malheureusement, dans ce cas, à peu près irréalisable. Comment, en effet, déterminer la rupture de la poche par la compression, lorsque cette poche, comme nous l'avons fait observer, est très étendue et très incomplètement remplie.

3° La ponction simple donne quelquefois de bons résultats ; mais le meilleur procédé, d’après Morel-Lavallée, serait le suivant : enlever tout d’abord le liquide en faisant la ponction de l’épanchement avec un trocart ordinaire. Agir ensuite sur la poche par la compression, l’application de bandelettes, l’application de quelques vésicatoires, le badigeonnage avec la teinture d’iode. Dans quelques circonstances, faire une injection iodée.

Dans les cas d’épanchements huileux, Gosselin a préconisé la conduite suivante : la ponction de l’épanchement, le lavage de la poche et les injections irritantes.

Il nous reste, en dernier lieu, à vous entretenir du traitement de la contusion au troisième et au quatrième degré.

Traitement de la contusion au troisième degré. — Lorsque la contusion au troisième degré n’est pas très étendue, on se contente habituellement de l’emploi de quelques moyens antiphlogistiques; on abandonne à la nature l’élimination des escarres; si la plaie consécutive présente un aspect blafard, une teinte livide, on emploie les pansements excitants. Dans les cas graves, c’est-à-dire dans les cas où il y a menace de phlegmon intense, même diffus, il est convenable de mettre en usage tous les moyens rationnels dont le chirurgien peut dis poser : traitement antiphlogistique, local et général; applications de sangsues, saignées locales, scarifications. Ainsi Legouest conseille l’emploi de petits coups de rasoir sur les parties enflammées, le débridement des aponévroses, les lavages répétés, comme dans les cas de phlegmon diffus.

Traitement de la contusion au quatrième degré. — Les contusions ail quatrième degré ne se prêtent véritablement à des considérations thérapeutiques qu’autant qu’elles ont pour siège les membres ou de très petites parties du corps. Lorsque ces contusions siègent au crâne, à la colonne vertébrale, au niveau du thorax ou de l’abdomen, la mort est presque toujours immédiate. Quand il s’agit d’un membre, tantôt il est possible d’attendre l’élimination des escarres, tout en faisant le traitement comme dans les cas de contusion au troisième degré; tantôt la marche progressive de la gangrène, l’explosion des accidents généraux, par exemple de la gangrène foudroyante traumatique, ne permettent qu’une ressource, l’amputation de la partie compromise.

Pour les contusions au premier et au deuxième degré, vous vous souviendrez que ces lésions entraînent souvent, comme conséquences ultérieures, des altérations qu’il importe de combattre rapidement ; ainsi vous verrez à la suite des contusions des muscles et des nerfs survenir des paralysies incomplètes; si, en effet, le chirurgien ne cherche pas à remédier de bonne heure à ces symptômes, la paralysie augmente, s’accompagne bientôt d’atrophie musculaire, et l’accident devient plus tard complètement réfractaire à tout traitement; frictions stimulantes, douches ordinaires, douches électriques, tels sont les divers moyens que vous devrez mettre en usage dans ces conditions.

Nous ne vous parlerons pas ici d’autres complications, telles que des hernies musculaires, des dilatations variqueuses, des cicatrices difformes. Le traitement de ces diverses lésions nous entraînerait évidemment trop loin de notre sujet principal. Condensons en quelques propositions les considérations que nous venons de vous exposer.

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