TRAITEMENT DK LA CONTUSION
l’épanchement ; ils pratiquaient cette ouverture le plus rapidement et le plus complètement possible. Cette pratique extrême doit être le plus souvent rejetée, et mieux vaut la temporisation de Boyer et de Pelletan. Billroth met en usage la pratique suivante : les premiers jours, expectation; si, après quinze à dix-huit jours, l’épanchement n’est pas modifié, il badigeonne la tumeur une ou deux fois par jour avec de la teinture d’iode et exerce une certaine compression. Si pendant le traitement, la tumeur devient chaude, plus sensible, si la peau rougit, on doit alors s’attendre à la suppuration. Dans ces cas, le chirurgien allemand recommande de ne pas se presser pour intervenir par une grande incision. Lorsqu’une fracture existe au niveau de l’épanchement, la temporisation est encore plus indiquée. Alors, en elïet, pendant deux, trois pu quatre semaines d’attente, les fragments osseux peuvent se consolider, et lorsque l’abcès vient enfin à s’ouvrir, la communication n’a plus lieu au niveau d’un foyer de fracture. Si pendant le cours delà suppuration la tension de la tumeur augmente, s’il survient une fièvre intense, il est évident que le sang et le pus se décomposent, il faut alors que les liquides septiques soient rapidement et complètement évacués. Il faudra, dans ces conditions, arriver à pratiquer rapidement de grandes incisions; quelquefois vous pourrez employer quelques méthodes spéciales.
Méthode de Champion (de Bar-le-Duc);
) — de Bérard;
J — de Chassaignac;
— de Voillemier.
Procédéde Champion. — Champion (de Bar-le-Duc), a proposé, en 1827, dans un mémoire inséré dans les Archives, un procédé de massage et d’écrasement. Ce procédé comprend les détails suivants: 1° Comprimer la tumeur avec la main, d’une façon assez brusque et assez forte pour produire la rupture de la collection sanguine. 2° Favoriser ensuite par des frictions et des pressions multipliées la diffusion du liquide dans le tissu
cellulaire. 3° Lorsque ce résultat est obtenu d’une façon aussi complète que possible, exercer sur les parties une compression permanente assez forte ; cette compression s’exerce avec une bande. Arroser ensuite l’appareil d’un liquide résolutif.
Procédé de Bérard. — Dans les cas où les pressions même assez fortes ne pouvaient pas surmonter la résistance de la poche sanguine, Bérard conseillait de pratiquer quelques ponc tions sous-cutanées. La poche était ainsi perforée et dès lors l'on pouvait facilement arriver à produire la diffusion du liquide de l’épanchement. Les deux procédés que nous venons d’indiquer ne peuvent être -employés que dans les cas d’épanchements sanguins de médiocre volume.
Procédé de Chcissaignac. — - Chassaignac a conseillé de ponctionner l’épanchement avec un trois quart ordinaire, de laver la poche par des injections et de rapprocher ensuite les parois en favorisant leur adhésion par une compression suffisante.
Procédé de Voillemier. — En 1862, Voillemier a préconisé dans ces cas l’avantage des ponctions capillaires multiples, et, depuis les travaux de Dieulafoy, ces ponctions peuvent être faites, on le comprend, avec bien plus de facilité, d’utilité et d’innocuité.
Quelquefois les épanchements sanguins sont anciens et enkystés ; l’expectation est alors le meilleur parti à prendre. Si des accidents surviennent, si le blessé réclame trop fortement une intervention, on peut, soit ouvrir le kyste et modifier la poche par des injections : c’est le traitement conseillé parLabbé; soit avoir recours à l’extirpation du kyste, comme s'il s’agissait d’une tumeur : cette pratique a été conseillée par Trélat.
Il nous reste à vous indiquer la conduite à tenir dans les cas d’épanchement séreux. Voici les préceptes qui ont été formulés par Morel- Lavallée sur ce sujet.
Traitement des épanchements séreux. — 1° Ne jamais