CLASSIFICATION DES PANSEMENTS SPÉCIAUX
ÉTABLIE S U HT O UT AU POINT UE VUE DES EFFETS I- FI Y S 1 O L O O 1 Q U E S QUE i/o N CHERCHE A OBTENIR
1» Pansements en vue de diminuer surtout les phénomènes inflammatoires.
Il» Pansement de Chassaignac.
2° Pansement de Guyot (incubation)- 3° Pansement de Lagenbeck, de Valette, d’Ollier.
4° Pansements à l’eau : Lombard, Percy, Amussat, Leforl.
5° Pansement à l'acide carbonique.
6° Pansement de Burgraeve.
7° Pansement par occlusion, par compression pneumatique.
/ Pansement à ciel ouvert.
Les attires ont lais- \ Procédé de Rose: Laisser la plaie réunie sé la plaie complète- - sans pansements.
ment à l’air libre. / Procédé des chirurgiens russes: Laisser la plaie complètement béante à l’ai r extérieur
2° Pansements en vue de modifier les , 1° Cautérisation légère au nitrate d'argent vaisseaux et de rendre par celle mo- V 2° Cautérisation des plaies. (Procédé de dification plus difficile le passage dans < Bonnet).
la circulation des éléments nuisibles. I 3° Pansements au perchlorure de fer de (Pansements caustiques). \ Bourgade (de Clermont).
I Pansements antiseptiques divers.
Pansements de Lister.
Pansements à l’alcool.
Pansements de Thierscli.
Pansements à l’iodoforme.
Pansements à l’eau oxygénée.
4“ Pansements en vue d'empêcher les germes de l'air extérieur d’arriver jusqu’au niveau de la plaie. (Pansemen ts pou vanl être di I s préservateurs.)
Panse meut d’Alph . Guérin.
Modification d’Ollier.
— de Sarrazin.
PANSEMENT DE GHASSAIGNAC
Nous avons tenu à vous présenter seulement clans ce tableau les grandes divisions que l’on peut adopter ; il serait facile d’y faire figurer les moindres variétés de pansements en se rendant compte des effets que le chirurgien a cherché à obtenir, et en les classant dans telle ou telle des grandes catégories que nous avons admises. Nous n’avons pas cru devoir vous exposer tous ces détails.
Nous passerons actuellement en revue quelques-uns des principaux pansements que nous venons de vous indiquer. En dernier lieu, nous apprécierons les diverses méthodes que l’on doit mettre en usage, en tâchant d’établir autant que possible leur valeur relative. Nous suivrons tout naturellement l’ordre que nous avons indiqué. Nous examinerons, par conséquent, tout d’abord les pansements que l’on peut considérer comme ayant surtout pour but de prévenir les phénomènes inflammatoires.
Des différentes espèces de pansements spéciaux. Pan sement de Chassaignac. — Au mois de novembre 1864, Chassaignac fit connaître à l’Institut un mode de pansement auquel il donna le nom de pansement par occlusion. Ce pansement consiste à appliquer sur la plaie une cuirasse faite avec des bandelettes de diachylum. Les bandelettes sont croisées et se recouvrent par imbrication ; le croisement des bandelettes assure la solidité du pansement et leur imbrication est indispensable pour prévenir les effets nuisibles qui pourraient dépendre de leur écartement. Il est important, en effet, de ne jamais appliquer les bandelettes circulairement : on risquerait, en agissant ainsi, de déterminer un étranglement dangereux. 11 faut, en outre, avoir soin que la cuirasse dépasse toujours les limites de la plaie dans une proportion notable.
Cettecuirasse ainsi faite constitue ce que Chassaignac appelle le pansement interne, le pansement immédiat. L’appareil est complété par le pansement externe. Cette dernière partie consiste dans l’application d’un linge fenêtré enduit de graisse ou de cérat et dépassant de toutes parts la cuirasse. En dernier lieu,
Bkknk. — Path. chir , II.
on applique par-dessus une certaine quantité de très bonne charpie, une couche de ouate, puis quelques compresses, et le tout est maintenu par des tours de bandes. Le linge fenêtré, enduit de cérat, permet d’avoir une cuirasse toujours molle et souple. Le pus peut alors s’insinuer facilement entre les ban delettes et pénétrer jusqu’au niveau du pansement externe, chargé de l’absorber.
Lorsque le chirurgien redoute des complications inflammatoires, il les combat, soit en plaçant les parties dans une position élevée, soit en appliquant quelques sangsues, soit en maintenant sur la cuirasse des mélanges réfrigérants.
L’appareil doit être surveillé avec soin et renouvelé de temps à autre. Voici sous ce rapport quelques préceptes dont vous devrez vous souvenir :
VLaisser tout d’abord le pansement en place huit à dix jours.
2° Si le blessé ressent des souffrances vives, si la suppuration est très abondante, il importe de renouveler les pièces extérieures du pansement, jusqu’au niveau du linge cératé inclusivement.
3° Explorer attentivement les environs de la cuirasse : si cette exploration indique quelque complication, enlever alors tout l’appareil.
4° Avant de procéder au renouvellement du pansement, Chassaignac conseille de bien laver la plaie et de la cautériser ensuite légèrement en se servant d’une solution de 5 grammes de nitrate d’argent pour 30 grammes d’eau. En agissant ainsi, on amoindrit la vascularité des bourgeons charnus, on diminue la sécrétion purulente, et l’on augmente l’adhérence de l’épiderme au tissu dermique.
En résumé, le pansement par occlusion comprend :
1° Une partie protectrice, les bandelettes;
2° Une partie comprimante, les bandes et les bandelettes ;
13° Une partie absorbante, la charpie que l’on place audessus du linge cératé ;
A" Une partie préservatrice, la couche de ouate.