‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 8 sur 270 · PANSEMENT DE GUYOT · texte numérisé non relu

PANSEMENT DE GUYOT

Ainsi employé, le pansement par occlusion permet souvent d’obtenir la réunion par première intention.

Égalité de température,

Douceur de contact, <

Immobilisation,

( Préservation de l’air extérieur.

Ce sont effectivement des conditions éminemment favorables pour l’adhésion immédiate.

Dans les cas où la cicatrisation se réalise seulement par réunion secondaire, ce mode de pans.ement offre encore de sérieux avantages, il diminue les phénomènes inflammatoires et modère la quantité de suppuration. D’après les observations de Chassaignac, le pus qui se produit sous le pansement par occlusion est huit fois moindre que dans les conditions ordinaires. Le pus est aussi plus épais, plus onctueux, mélangé d’une plus grande proportion de lymphe plastique.

Poursuivons l’étude des autres pansements spéciaux de notre classification par celle du pansement de Guyot.

Pansement de Guyot. — Après avoir réalisé tout d’abord sur l’animal quelques expériences, pour démontrer que la cicatrisation d’une plaie, maintenue dans un air chaud, s’opère dans des conditions meilleures, avec plus de rapidité et moins de suppuration ; après avoir prouvé que souvent une plaie qui ne peut aboutir à la cicatrisation par les moyens ordinaires, se cicatrise, au contraire, assez rapidement, lorsque la solution de continuité est placée dans un air chaud, J. Guyot, en 1840, proposa ce qu’il appela le pansement par incubation. Sa méthode consistait à maintenir la plaie dans un air à température uniforme. La température qui lui sembla tout d’abord la plus convenable était une température de 35°. L’appareil incubateur se composait d’une boîte en bois à double fond ; dans l’intervalle des deux planchers, l’air arrivait à la température voulue en passant à travers un tuyau sous l’orifice duquel brûlait une petite lampe à esprit devin. La région blessée était introduite dans l’appareil

ot maintenue dans une position favorable au relâchement des muscles et à l’écoulement du pus. Pour chaque partie du corps des appareils spéciaux avaient été construits, pour les membres supérieurs, les membres inférieurs, l’épaule, le thorax, même pour les diverses parties de la face. A moins d’indications tout à fait particulières, la plaie n’était recouverte d’aucun pansement. La durée du traitement variable, du reste, suivant la gravité de la blessure, était environ de douze à vingt jours.

D’après l’inventeur, l’incubation produisait les résultats suivants :

La douleur de la plaie cessait rapidement; il s’écoulait d’abord une sérosité abondante et beaucoup de pus. Après quelques jours, les sécrétions de la plaie diminuaient beaucoup, et le pus qui se produisait était alors en petite quantité et très coagulable. Les bourgeons charnus conservaient leurs caractères satisfaisants, la cicatrisation marchait rapidement et sans complication.

Cette méthode eut tout d’abord une certaine vogue. Basé sur quelques faits cliniques, appuyé sur des expériences de physiologie pathologique, à une époque où cette science commençait à prendre son essor, ce mode de pansement devait séduire bien des esprits, et c’est effectivement ce qui eut lieu : Robert, ce chirurgien si judicieux, si habile, encouragea l’auteur dans son propre service ; Breschet, Roux expérimentèrent aussi, à un moment donné, ce procédé. Malgré ces débuts favorables, la méthode est aujourd’hui complètement abandonnée. Retenez du moins que les expériences de Guyot auront prouvé quel est le degré de température le plus favorable pour la cicatrisation. Si l’on maintient, en effet, une plaie à une tem pérature supérieure à celle indiquée par l’auteur, 35°, 36° centigrades avons-nous dit, la suppuration augmente, les douleurs deviennent plus vives et la cicatrisation cesse de se faire. Les mêmes phénomènes se produisent à une température inférieure (pansements de Langenbeck, de Valette).

Pour diminuer les chances d’inflammation, quelques chirur-

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