TRAITEMENT — INDICATION DE L’INTERVENTION
coude, au bras, à l'épaule, le parti de la conservation donne habituellement de meilleurs résultats que l’intervention, acceptée d’une façon trop générale. 0° Dans les blessures par armes à feu siégeant à la jambe, une amputation est souvent indispensable, lorsque les deux os sont fracturés, dans une grande étendue, lorsque le tibia seul offre des pertes de substance considérables, lorsque la fracture se prolonge dans l’articulation du genou ou du cou-de-pied. 7° Pendant longtemps toutes les fractures de la cuisse par coup de feu ont été considérées comme nécessitant l’amputation du membre. Ribes, Larrey, Dupuytrcn, Begin avaient accepté cette pratique. Actuellement, depuis les recherches deHutin, quia su retrouver aux Invalides bien des blessés qui avaient eu des fractures du fémur par coups de feu, et qui cependant n’avaient pas été amputés, depuis les statistiques de nos dernières guerres, la pratique de la conservation se présente avec des résultats de succès beaucoup plus grands; même dans les cas de blessures de la hanche, il semble que les résultats soient plus favorables par la conservation que par l’amputation ou la désarticulation.
Lorsque l’intervention doit être acceptée, il est une dernière question que nous devons discuter. A quel moment l’intervenvention doit-elle être réalisée? Cette question est assez difficile à résoudre parce qu’on ne s’entend pas habituellement sur les termes que l’on emploie, amputations immédiates, médiates, secondaires, consécutives. L’explication suivante vous permettra, nous l’espérons, de prendre un parti bien raisonné.
Toute plaie par armes à feu doit nécessairement passer par trois périodes :
l°Une période do stupeur;
2° Une période d’inflammation;
•‘3° Lne période de retour à l’état normal, doute opération faite pendant la première période, période de stupeur, doit prendre le nom d’opération immédiate.
Toute opération réaliséependantla deuxième période, période
d’ inflammation, devra s’appeler opération secondaire , opération médiate de Legouest. Toute opération pratiquée pendant la troisième période sera dite opération tertiaire , retardée , consécutive.
Toute opération accomplie entre la première et la seconde période sera dite opération primaire.
Or, voici ce que l’observation démontre :
1° Toute opération faite au moment de la période de stupeur, en d’autres termes, toute opération immédiate est une opération faite dans de très mauvaises conditions.
2° Toute opération secondaire, faite, par conséquent, pendant la période d’inflammation, donne des résultats déplorables.
3° L’opération tertiaire, retardée ou consécutive, faite par conséquent lorsque les parties sont revenues à l’état normal, constitue une exception.
4° Le plus souvent, l’opération devra être primaire ; elle sera faite, par conséquent, entre la première et la deuxième période ; vous la trouverez indiquée par quelques auteurs sous le nom d’opération secondaire.
Pour achever )e traitement local des plaies par armes à feu, il nous resterait à passer en revue les indications thérapeutiques que comporte la dernière complication que nous avons admise, la 'pénétration d’une cavité articulaire ou splanchnique. Nous aurions aussi à vous parler du traitement local des accidents des plaies par armes à feu, l’inflammation, l’hémorragie, la gangrène. En réalisant ce programme, nous sortirions du cadre que nous nous sommes imposé ; d’autre part, les développements que nous avons déjà donnés à l’étude de l’inflammation et de la gangrène nous dispensent de nouveaux détails.
En définitive, le traitement local des plaies par armes à feu peut se résumer de la manière suivante.