‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 90 sur 270 · PLAIES ENVENIMÉES PAR LA MORSURE DE LA VIPERE · texte numérisé non relu

PLAIES ENVENIMÉES PAR LA MORSURE DE LA VIPERE

Plaies envenimées par la morsure de la vipère. — Nous nous occuperons surtout des plaies envenimées par le venin de la vipère. Voici l’ordre que nous suivrons :

1° Nous vous dirons quelques mots sur la vipère ;

2° Nous étudierons les symptômes de ces plaies ;

3° Nous en apprécierons le danger ;

4° Nous vous en indiquerons le traitement.

Quelques mots sur la vipère. — La vipère e t un reptile que l’on rencontre dans diverses parties delà France; c’est à peu près le seul serpent dangereux que nous ayons. On en distingue trois espèces: viper æ aspis, pelias et ammodytes ; cette dernière se rencontre surtout dans les montagnes du Dauphiné. Sans vouloir trop insister sur la description de la vipère, vous vous souviendrez des quelques détails suivants, qui vous permettront de la reconnaître assez facilement. La tête est déprimée, élargie en arrière, revêtue entièrement de petites écailles, ou seulement à la partie postérieure du vertex. Le corps est assez petit, cylindrique; la queue, subitement rétrécie vers sa pointe, est courte ; elle forme à peine le sixième de la longueur totale de l’animal ; des raies brunes et flexueuses s’étendent le long du dos ; sur les côtés du corps, vous constaterez des taches foncées de forme variable. Sur la tète, les taches imitent des lettres et sont dites hiéroglyphiques. On peut dire avec assez de vérité que la vipère porte sur la tête la première lettre de son nom, un V ouvert en arrière. Sur la nuque, au niveau du rétrécissement qui unit la tète à l’échine, on constate une ligne brisée dite le zigzag dorsal; cette ligne se prolonge jusqu’à l’extrémité de la queue et se compose d’une suite continue de losanges. Derrière l’œil, le tatouage des parties latérales constitue la bande postoculaire. La teinte générale de la vipère est rouge, grise ou noire; cette teinte n’est pas, comme on le croit assez généralement, en rapport avec la gravité que la morsure peut offrir.

L’appareil venimeux comprend :

*21^i TRENTE-SEPTIÈME LEÇON

1° De chaque côté de la mâchoire, deux crochets courbes et mobiles, un canal parcourt le centre de ces crochets et vient s’ouvrir par une fente très étroite, vers leur sommet et du côté de la convexité.

2° Une vésicule, réservoir du venin, couvre la racine des dents ; elle verse dans leur canal central le venin qui lui arrive d’une glande analogue à la parotide ; le venin sécrété par la glande spéciale passe dans le conduit qui communique avec les dents ou crochets qui se redressent au moment où l’animal vous atteint. Les plaies déterminées par la morsure de la vipère sont ainsi plutôt des plaies par morsure que par piqûre.

Nous n’avons pas la prétention d’examiner ici des détails qui rentrent surtout dans le cadre d’un cours d’histoire naturelle ; mais comme il peut vous être utile de distinguer une vipère d’une couleuvre, il nous a paru convenable de vous retracer le tableau suivant, que nous empruntons à l’excellent ouvrage du docteur Viaud-Grand-Marais ( Etudes médicales sur les serpents, 1867-1869).

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