INTOXICATION VIPÉRINE — SYMPTOMES TERTIAIRES
Tel est l’ensemble cle la maladie dans sa forme la plus grave ; mais on comprend qu’il y ait dans son expression bien des degrés, depuis les troubles les plus légers jusqu’à la scène que nous venons de vous dépeindre. Le plus souvent, on voit survenir la troisième catégorie de symptômes que nous vous avons indiqués sous le titre de symptômes de réaction.
Symptômes de réaction. — 1° Un sentiment de chaleur générale est accusé par le blessé ;
2° Le pouls se relève ;
3° La peau présente de la tendance à la moiteur ; souvent on voit survenir des transpirations abondantes; la sueur, dans ces conditions, est moins visqueuse. Généralement on voit se produire une réaction fébrile à forme intermittente.
Lorsque le blessé n’a pas succombé et que la réaction s’est faite, on peut voir encore apparaître ce que nous avons appelé les symptômes tertiaires.
Symptômes tertiaires. — En voici l’énumération : 1° Quelquefois on voit des blessés éprouver, plusieurs années après l’accident, et même à jour fixe, des accidents complètement analogues à ceux du début :
gonflement;
douleur dans les membres ; teinte subictérique , état saburral des voies digestives.
Ainsi vous trouverez dans la Gazette hebdomadaire du 6 novembre 1863 une observation d’accidents périodiques se reproduisant depuis trente-neuf ans avec une régularité parfaite. A jour fixe, ou à peu près, une malade ressentait un malaise général presque semblable aux symptômes généraux que nous avons décrits; puis, au bout de six à huit jours, apparaissait une éruption de pemphigus. On peut désigner ces accidents sous le nom de symptômes tertiaires à répétition.
2° Souvent les symptômes tertiaires sont des symptômes tertiaires cachectiques. Le blessé ne se relève pas ; il reste
plus ou moins affaibli, et la mort peut survenir quelques mois après. Il arrive aussi que le blessé semble guéri pendant un certain temps ; puis, à un moment donné, on voit survenir de nouveau des symptômes d’affaissement général. Des sujets qui ont été vigoureux vieillissent d’une façon prématurée, et des jeunes gens sont arrêtés dans leur développement. Y a-t-il, dans ces conditions, une altération du sang? Il est difficile d’affirmer d’une façon exacte la nature des modifications qui ont lieu.
3° D’autres fois, la scène se présente encore sous un autre aspect ; le blessé semble revenu à la santé la plus parfaite, le rétablissement est complet ; ensuite, au bout de dix-huit mois, deux ans, il sucombe rapidement en présentant des symptômes d’apoplexie. Y a-t-il, dans ces cas, une véritable hémorragie cérébrale ? Sont-ce, au contraire, des accidents emboliques? Jusqu’à ce jour, aucune observation d’anatomie pathologique ne permet de résoudre complètement cette question.
4° Gomme symptômes tertiaires, notez encore des symptômes locaux tertiaires. Ainsi on voit persister très longtemps, au niveau des parties blessées, des ulcérations sérieuses ; ces parties restent parfois œdématiées, sans qu’aucune médication puisse réussir.
Tel est l’ensemble de ce que l’on peut appeler la maladie de l’intoxication vipérine. En voici le résumé :