C. Symptômes J tertiaires
Généraux.
Locaux.
: Tuméfaction inflammatoire.
Douleur secondaire.
Engourdissement.
! Refroidissement.
Taches livides.
Localisations inflammatoires.
Symptômes de compression.
Sensation de tension.
Dépend de la compression.
IDû à l’altération du sang.
Les combustions organiques sont diminuées.
\ Ressemblent à des colorations l ecchymoliques.
( Angioleucites.
■] Phlyctènes.
( Abcès.
1° Symptômes du cô té / des voies diges-< tives. (
! 2» Symptômes alaxo- i , adynamiques,
I symptômes typhiques f
3° Symptômes réaction.
de (
Douleurs épigastriques.
Vomissements.
Diarrhée.
Syncope.
Refroidissement général.
Prostration extrême, quelquefois mort.
Le pouls se relève.
Sueurs.
Réaction fébrile modérée.
1° Quelquefois symp-$ Locaux, tomes à répétition. ( Généraux.
/ Le malade ne se relève pas, |2» Symptômes ter-\ reste affaissé, tiaires cachectiques, i Symptômes de vieillesse anti- \ cipée.
3° Après dix-huit mois, deux ans, le blessé succombe rapidement comme frappé d’une attaque d'apot plexie.
S 4° Quelquefois persistance de symptômes locaux. ( Ulcération, œdème.
Occupons-nous actuellement de l’anatomie et de la physiologie pathologiques, du pronostic et du traitement.
A natomie et ‘physiologie pathologiques. — Le venin semble agir tout d’abord sur le sang avec lequel il se trouve en contact. Le docteur Brainard a fait sur ce sujet quelques observations assez importantes :
1° Les globules sanguins changent de forme et deviennent sphériques ;
2° Les corpuscules blancs, plus nombreux, s’agglutinent ensemble pour constituer des petites masses mamelonnées;
3° La fibrine devient impropre à la coagulation, le sang tendant à se fluidifier; ce phénomène rend assez bien compte des hémorragies interstitielles que l’on constate. Le docteur Weir Mitchell a observé qu’il suffirait de déposer une goutte de venin sur un point du mésentère d’un animal vivant, pour voir sourdre immédiatement le sang avec ses globules. En outre, le tissu musculaire offre souvent une désagrégation moléculaire assez complète dans les points où le venin a pénétré. Les capillaires lymphatiques s’enflamment, et les ganglions sont à l’état hyperplasique.
Signalons aussi une théorie communiquée à l’Institut, le 28 juin 1868, par le docteur Halford. D’après cet auteur, l’introduction du venin dans le sang ferait apparaître de petites cellules spéciales contenant un nucléole renfermant lui-même des granulations douées de mouvement. Ges cellules se développeraient avec une rapidité prodigieuse, et enlèveraient par cela même au sang une quantité considérable d’oxygène devenant ainsi la cause des phénomènes d’asphyxie qui se produisent dans l’intoxication vipérine.
Si on cherche, en définitive, à pénétrer les causes delà mort, voici ce que l’on constate. Tantôt la mort est le résultat d’une syncope ; quelquefois elle est due à la généralisation de l’oedème qui envahit alors le tissu cellulaire du pharynx et celui des replis aryténo-épigiottiques. D’autres fois, elle arrive
INTOXICATION VIPERINE — PRONOSTIC
par accidents pulmonaires. Le plus souvent elle dépend des altérations du sang- que nous avons signalées en partie, mais qui sont loin d’être encore complètement connues. Le cadavre des individus qui ont succombé se putréfie avec une rapidité excessive.
Pronostic. — Le pronostic de la morsure de la vipère est assez difficile à établir, et vraiment, au moment où vous verrez un accident semblable avoir lieu, il vous sera souvent impossible d’en apprécier parfaitement les conséquences. Cette incertitude est la conséquence toute naturelle de la multiplicité des opinions quiont été émises sur ce sujet. Ainsi, il y a peu de temps, en 1874, une discussion sur ce point était engagée devant l’Académie de médecine de Paris. Les uns, comme Robin, ont affirmé que le danger des morsures par la vipère était à peu près nul. Pour ces auteurs, il peut y avoir à la suite de ces plaies un état général pénible, mais la mort n’en est jamais la conséquence, qu’un traitement ait été suivi ou non. Pour d’autres, le pronostic est grave. Voici, en définitive, ce qui nous semble devoir être retenu :
1° On a tort tout d’abord de regarder le pronostic comme toujours fatal, c’est une erreur grave. Il est également faux de prétendre que la mort n’est jamais la conséquence de la morsure de la vipère.
2° Fontana, après de nombreuses observations, a cherché à établir l’opinion suivante. Pour lui, l’action du venin est d’autant plus active qu’elle se fait sentir sur un animal plus petit. Le corps de l’homme étant d’un volume assez considérable, la résistance qu’il oppose à l’action du poison est, par conséquent, très grande. C’est ce que l’expérience clinique démontre.
Fontana avait réuni cinquante-deux observations de morsures de vipères sur l’homme; il n’avait noté qu’un seul cas de mort, et encore il attribuait ce résultat fatal à des scarifications trop étendues qui avaient été faites au blessé dans un but thérapeutique. Pour lui, il fallait environ 15 centigrammes de venin
Berne. — Path. chir , II.
pour tuer un homme; or, comme la vipère n’en contient qu’ environ 10 centigrammes, la morsure n’est pas habituellement mortelle. « Je suis clans l’opinion, écrivait -il, que sur cent hommes mordus par une vipère, il n’en mourra probablement pas un seul, quoiqu’il ne soit fait aucun remède. » Cette opinion peut être considérée comme une erreur.
3° Les faits de mort survenant après la morsure de la vipère sont indéniables. Vous en trouverez de nombreux exemples dans le travail que nous vous avons déjà cité de Viaud-Grand-Marais.
4° La gravité du pronostic peut tenir soit à des causes qui tiennent au reptile, soit à des causes qui tiennent au blessé.
Par rapport au reptile, vous noterez :
1° Si les blessures sont nombreuses, il y a plus de venin inoculé dans la plaie, le pronostic est plus grave.
2° Si les blessures sont profondes, le venin pénètre plus complètement, le danger est plus sérieux.
3° Si la blessure est superficielle, il y a moins de chances pour la pénétration du venin ; le pronostic est plus bénin.
4° La gravité dépend souvent de l'espèce de vipère qui a déterminé la morsure. Ainsi, d’après Viaud-Grand-Marais, la vipère aspis est beaucoup plus dangereuse que la vipère pèliade. Ce fait expliquerait pourquoi la mortalité, par suite des piqûres de vipères, est différente suivant telle ou telle région. Dans les contrées où se trouve la vipère péliade, les cas mortels sont moins fréquents; dans celles, au contraire, où l’on rencontre l’aspis, la mortalité est beaucoup plus grande. Cette observation peut expliquer en partie les divergences d’opinions que nous avons signalées antérieurement. Dans son premier travail de 1869, Viaud-Grand-Marais n’avait pas consigné ce résultat ; vous le trouverez très nettement formulé dans la communication du même auteur au Congrès scientifique de Nantes, en 1875.
5° Une vipère irritée est habituellement plus dangereuse, elle inocule une plus grande quantité de venin.