‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 119 sur 145 · UNION DE LA. PATHOLOGIE ET DE LÀ PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

UNION DE LA. PATHOLOGIE ET DE LÀ PHYSIOLOGIE

parvenues dans leur période expérimentale. La médecine, je le répète, est loin d'être aussi avancée, et, bien que l'expérimentation ait déjà fait de nombreuses tentatives pour s'y introduire, on peut dire qu'elle n'a pas encore pris définitivement son droit de domicile. Cependant il nous est impossible de ne pas connaître que ce moment approche, et que c'est la tendance la plus évidente de la médecine scientifique actuelle.

Ce premier point étant établi, il faut nous demander ce que nous avons à faire pour favoriser l'avènement de cette médecine expérimentale. Mon opinion est qu'il faut, avant tout, apprendre l'art de faire des expériences physiologiques et pathologiques. Les sciences expérimentales ne peuvent avancer sûrement que lorsqu'elles possèdent de bonnes méthodes d'expérimentation, et ici, on le comprend, les méthodes d'investigation seront plus difficiles qu'ailleurs, à cause de la mobilité des phénomènes de la vie.

Mais, à ce propos, une importante question se présente : celle de savoir si, dans cette expérimentation appliquée aux phénomènes de la vie, nous devons distinguer la physiologie de la pathologie. Je répondrai immédiatement que non, car j'admets en principe que la physiologie est le terrain même sur lequel la médecine expérimentale doit être édifiée.

La physiologie est donc absolument inséparable de la médecine scientifique, et il ne sera pas possible de fonder Jamais la médecine expérimentale, si la physiologie, qui doit lui servir de base, n'est pas elle-même préalablement constituée. C'est là une idée fondamentale que je n'ai

jamais cessé de répéter, et sur laquelle je vous demande la permisson d'insister de nouveau devant vous.

Il y a vingt-lrois ans que j'ai l'honneur de professer au Collège de France, d'abord comme suppléant de Magendie, et ensuite comme professeur titulaire. En 1847, lorsque je montai pour la première fois dans cette chaire, je disais : « La médecine scientifique que j'aurais la mission de vous enseigner n'existe pas. Par conséquent, mon enseignement semble ne pas avoir de raison d'être. Cependant, ajoutais-je, si cette médecine scientifique n'est pas encore instituée^ il y a une chose à faire pour la préparer r il faut cultiver la physiologie expérimentale, qui doit lui servir de base. » C'est pourquoi, dans la chaire de médecine du Collège de France, j'ai toujours insisté sur le perfectionnement de la physiologie expérimentale.

Dans sa période antéscientifîque, la médecine a pu exister en dehors de la physiologie, et il l'a bien fallu, puisque la physiologie n'était pas encore née. Mais aujourd'hui que la médecine a la prétention de devenir une sience véritable, il faut absolument qu'elle ait recours à la physiologie, soit pour comprendre le mécanisme des maladies, soit pour expliquer l'action des médicaments.

C'est qu'au fond, dans la médecine, il n'y a qu'une seule science : la science de la vie, ou la physiologie. Et maintenant oserait-on soutenir qu'il faut distinguer les lois de la vie à l'état pathologique des lois de la vie à l'état normal? Ce serait vouloir distinguer les lois de la mécanique dans une maison qui tombe des lois de la mécanique dans une maison qui se tient debout. Non, il

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