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DES FONCTIONS DE LA MOELLE ÉPLMERE

SOMMAIRE : Le caractère essentiel du système nerveux au point de vue physiologique, c'est le dualisme. — La sensibilité et la motricité senties deux grandes propriétés qui de tout temps ont été rapportées au système nerveux. — Division anatomique relative aux propriétés des deux grands ordres de nerfs. — Nerfs mixtes. — Recherches anatomiques de Charles Bell. — Expériences de Magendie et de MuUer. — Pourquoi les animaux inférieurs se prêtent-ils mieux aux recherches de ce genre? — Procédés opératoires pour ouvrir le canal rachidien. — Disposition anatomique des racines spinales chez le chien. — Expériences diverses sur les propriétés des nerfs rachidiens. — Expériences de Legallois sur les effets de la destruction totale de la moelle épinière. — Analyse des phénomènes de la sensibilité récurrente. — Peut-elle s'expliq^uer par les anastomoses qui existent entre les nerfs sensitifs et moteurs ? — Les anastomoses des fibres nerveuses se font probablement aux extrémités terminales des nerfs. — Dans quelques cas, l'union s'opère sur un point plus rapproché des centres. — Expériences sur le nerf sciatique. — Chez les animaux soumis à l'anesthésie, les racines postérieures sont les dernières à perdre la sensibilité et les premières à la recouvrer.

Messieurs,

Nous allons commencer l'étude physiologique du système nerveux, en nous occupant des propriétés de la moelle épinière, cet axe central, d'où partent et auquel aboutissent la plupart des nerfs périphériques, et qui sert d'intermédiaire entre l'encéphale d'une part et la surface extérieure du corps de l'autre.

Le premier fait qui se présente à l'esprit lorsque l'on

considère dans son ensemble la physiologie du système nerveux, c'est la dualité si caractéristique de ses fonctions; le sentiment, le mouvement, tels sont les deux grands phénomènes que les observateurs de tous les temps ont rapportés à l'action des nerfs; et, longtemps avant d'en avoir obtenu la preuve expérimentale, on croyait à l'existence des nerfs sensitifs parfaitement distincts des nerfs moteurs. s

La moelle épinière présente des sillons profonds qui la divisent en cordons postérieurs, cordons antérieurs et latéraux. Les premiers donnent naissance à des paires nerveuses qui présentent un renflement ganglionnaire près de leur origine ; les seconds sont le point de départ d'autres cordons nerveux qui ne sont point munis de ganglions. Ces deux ordres de nerfs ne tardent pas à se confondre, et l'on trouve, au sortir du canal vertébral, un nerf mixte, doué à la fois des propriétés sensitives et motrices. Les nerfs de ce genre ont longtemps été les seuls connus des anciens; toutefois celte distinction profonde des paires rachidiennes à leur origine relalivement à leurs fonctions avait été soupçonnée par les anatomistes. Walker^, par exemple, se fondant sur certains faits pathologiques, crut pouvoir attribuer aux racines antérieures la faculté sensitive, aux postérieures la puissance motrice. Les recherches anatomiques de Ch. Bell l'avaient conduit à une opinion contraire; les expériences de Magendie ont amplement démontré que les racines postérieures de la moelle sont les véritables conducteurs de la sensibilité, tandis que les racines antérieures sont consacrées au mouvement.

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