HYPERESTHÉSIE MÉDULLAIRE
térieures de l'animal ; lorsque l'acidité du liquide est assez forle pour être sentie, il les retire brusquement ; lorsque, au contraire, elle est très faible, il ne fait aucun mouvement. On mesure donc assez exactement le degré de sensibilité par la quantité d'acide nécessaire pour produire une impression de ce genre. Après avoir amené le mélange au point où il ne provoque plus aucun mouvement, on coupe la moelle d'un seul côté, on replonge après un certain temps dans l'eau acidulée les pattes postérieures de l'animal, qui retire précipitamment la patte du côté mutilé, tandis qu'il laisse baigner l'autre dans le liquide, sans paraître éprouver aucune sensalion désagréable. II y a donc là une augmentation réelle de la sensibilité, et, je crois aussi, une augmentation de la faculté motrice que l'on n'a pas encore signalée. Mais les résultats de l'opération peuvent se diviser en deux périodes; car, immédiatement après l'opération, on obtient une paralysie momentanée; mais il se produit, au bout d'un quart d'heure environ, une hyperesthésie qui dure assez longtemps.
Les effets de la section sont directs, dans les parties inférieures de la moelle épinière, c'est-à-dire qu'ils modifient la sensibilité du côté correspondant à la lésion ; tandis que dans la partie supérieure de la région cervicale ils sont croisés, c'est-à-dire qu'ils agissent sur le côté opposé. Enfin, plus haut encore dans la moeUe allongée, il se produit des phénomènes particuliers, que nous étudierons plus loin (1).
Quelle cause physiologique pouvons-nous assigner à
(1) Voy. Leçon X,
202 PATHOLOGIE EXPÉRIMERTALE.
cette singulière Iiyperesthésie? Il semble qu'une sur-, charge nerveuse se produise dans la portion du centre nerveux ainsi mutilée ; ces effets ont quelque analogie avec ceux qui résultent de la section complète de l'aïe médullaire. Supposons, en effet, que cette opération ait eu lieu, une paralysie complète des membres postérieurs et de toutes les parties situées au delà de la lésion en sera la conséquence, tandis qu'à la partie antérieure du corps, la sensibilité et la motilité seront conservées. Mais, dans la moitié paralysée^ ilexiste encore des mouvements réflexes ; or, immédiatement à la suite de l'opération, ces mouvements sont affaiblis; toutefois au bout d'un temps assez court, si vous examinez l'animal après l'avoir laissé reposer quelques instants, vous constaterez une augmentation très notable de la sensibilité et de la motilité, mais d'une sensibilité non consciente et d'une motilité involontaire, la communication avec les centres étant interrompue. Au bout de quelques jours, si vous avez laissé l'animar en repos, Texcitabilité des mouvements réflexes peut devenir telle qu'en frappant sur la table où il repose, vous produirez des convulsions violentes dans les membres paralysés, tandis qu'il ne se produira aucun mouvement du côté sain. Le professeur Fouquier avait observé depuis longtemps que chez les paralytiques il existe une sensibilité non consciente, beaucoup plus forte qu'à l'état normal; c'est ainsi qu'on produit des convulsions réflexes par le chatouillement de la plante du pied ou par des excitations également légères. De même, selon l'observateur cité, des doses de strychnine trop faibles pour déterminer des convulsions dans les membres sains en