‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 60 sur 145 · ACTIONS NERVEUSES SÉCRÉTOIRES · texte numérisé non relu

ACTIONS NERVEUSES SÉCRÉTOIRES

€6 sont des phénomènes de mouvement que nous avons troublés par la section du grand sympathique du cou, et que le resserrement des vaisseaux, l'augmentation ou la diminution des sécrétions, interstitielles ou autres, à la suite de l'opération, sont autant de phénomènes provoqués par une modification de certains mouvements soumis à l'influence nerveuse ; et il est pleinement démontré, comme vous le savez , que c'est la moelle épinière qui est la source de tous les phénomènes qui s'accomplissent dans l'économie sous l'influence des nerfs.

Nous possédons maintenant la clef de ces manifestations morbides qui succèdent à certaines lésions chirurgicales de l'axe médullaire. Quand on agit sur une portion déterminée du quatrième ventricule, on constate une accélération de la circulation abdominale avec turgescence des vaisseaux et excrétion de lymphe dans le péritoine ; en même temps, il se produit une augmentation des sécrétions abdominales en général; c'est alors qu'on observe une abondance extraordinaire des urines, accompagnée tantôt d'une albuminurie, tantôt d'un diabète sucré, quand la circulation du foie se trouve accélérée; et l'on peut quelquefois reproduire ainsi chez les animaux toutes les variétés du diabète et de l'albuminurie. Vous savez, en effet, que l'augmentation des urines et la diminution de la proportion de certains principes qui doivent normalement y exister ont été constatées chez la plupart des diabétiques ; mais il existe des cas où la quantité de l'excrétion urinaire ne subit aucune modification, dans lesquels l'acide urique existe dans ce liquide comme en pleine saiité ; j'ai moi-même observé des malades qui ne s'éloignaient

pas, SOUS ce double rapport, de l'état normal, malgré la présence d'une quantité considérable de sucre dans les urines. Eh bien, nous pouvons à volonté reproduire cette variété singulière de diabète chez les animaux. Du reste, ce n'est pas seulement chez les mammifères qu'on a vérifié l'existence du fait ; nos expériences ont été répétées sur les batraciens, par M. Kùhne, et, en piquant la même partie du quatrième ventricule, cet observateur a réussi à provoquer le diabète cbez ces animaux ; voilà donc une preuve nouvelle à l'appui de ce grand principe, que nous avons si souvent énoncé devant vous, que les phénomènes observés chez un animal quelconque peuvent se retrouver aux divers degrés de l'échelle zoologique.

Il est facile de constater les variations de température dont je viens de vous entretenir, lorsqu'il s'agit des parties extérieures du corps, parce que leur température est toujours inférieure à celle des organes intérieurs. Voilà pourquoi, pendant l'hiver, on observe entre l'oreille droite et l'oreille gauche des différences de 15° à 20° à la suite de la section du grand sympathique ; il n'en est pas de même en été.

Mais on ne parvient pas aux mêmes résultats par rapport aux viscères qui se trouvent dans les grandes cavités splanchniques ; car, à l'état physiologique, les variations de la température intérieure des corps sont renfermées dans d'étroites Umites, et les opérations dont il vient d'être question ne peuvent jamais lui faire dépasser un chiffre déterminé qui en représente la limite supérieure ; aussi les différences ne s'élèvent-elles jamais à plus d'un ou deux degrés. On a constaté, par exemple, que, pendant

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