DE LA DILATATION ACTIVE DES VAISSEAUX
SOMMAIRE : Action du grand sympathique sur les vaisseaux. — Dilatation vasculaire qui résulte de la section de ce nerf. — Contraction des vaisseaux, qui résulte de son excitation galvanique. — La paralysie des fibres contractiles des vaisseaux ne suffit pas pour expliquer leur dilatation. — Ce phénomène est actif, et n'est point le résultat d'une distension purement passive. — Les vaisseaux sont placés sous l'empire de deux ordres de nerfs antagonistes. — Expériences à l'appui. — L'excitation de la corde du tympan et du nerf moteur de la glande parotide dilatent les vaisseaux des glandes salivaires. — L'origine des nerfs dilatateurs des vaisseaux est encore mal connue.
Messieurs,
Je vous ai promis de vous fournir la preuve expérimentale des propriétés du grand sympathique. C'est pourquoi je vous présente ici un lapin qui a subi la section de ce nerf à la région cervicale d'un seul côté, à gauche; vous voyez que la pupille correspondante est contractée, celle du côté opposé étant dilatée comme à l'ordinaire; on voit à l'œil nu que les vaisseaux développés à chaque face de l'oreille gauche, sont beaucoup plus apparents que ceux du côté opposé. En outre, nous allons constater que la sensibilité est bien plus vive du côté lésé, et que la température y est plus élevée ; la circulation est plus active et les mailles du tissu cellulaire sont plus humec-
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tées par une lymphe plastique ou une sérosité plus abondante. En pratiquant l'opération du trépan, on s'est assuré que la température cérébrale est plus élevée; on peut constater le même fait en plongeant la boule du thermomètre dans les naseaux de l'animal, comparativement, de l'un et de l'autre côté ; enfin, la pie-mère est plus vascuîarisée dans la partie qui correspond à la section que du côté opposé.
Maintenant nous pinçons alternativement les deux oreilles de l'animal, qui demeure immobile lorsqu'on touche à l'oreille droite, tandis qu'il manifeste une douleur assez vive lorsqu'on agit sur l'autre. Nous constatons, à l'aide d'un thermomètre, les différences de températures que je vous ai, il y a un instant^ signalées.
Tous les phénomènes dont vous venez d'être témoins sont dus à la section du grand sympathique du cou. L'oreille gauche de l'animal possède en ce moment une température plus élevée que celle du côté opposé, elle résisterait plus longtemps à la congélation si l'animal était soumis à l'action du froid;, et, si l'on ouvrait les vaisseaux, l'écoulement de sang serait plus considérable qu'à l'état normal; mais en galvanisant le grand sympathique du même côté, on abaisse immédiatement la température, qui peut descendre à un degré inférieur à celui de l'état physiologique; on peut même produire une constriction des vaisseaux assez intense pour suspendre entièrement la circulation dans l'oreille, ainsi qu'on peut s'en assurer en examinant au microscope les vaisseaux capillaires de cet organe, pendant qu'on galvanise le nerf correspondant; la sérosité interstitielle disparaît. Il est donc évident que