‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 72 sur 145 · NERFS SYMPATHIQUES ET CÉRÉBRAUX-SPINAUX · texte numérisé non relu

NERFS SYMPATHIQUES ET CÉRÉBRAUX-SPINAUX

vaincre, celte différence est plutôt apparente que réelle. Il est certaines expressions qu'il faut définitivement rayer du vocabulaire scientifique ; et les mots : nerfs du grand sympathique,, nerfs cérébro-spinaux, sont de ce nombre. Les anatomistes ont été les premiers à établir une distinction entre ces deux systèmes : frappés de la différence qu'ils présentent sous le rapport de leur disposition générale, ils les ont regardés comme essentiellement opposés au point de vue de leurs propriétés physiologiques ; et Bichat lui-même considérait le grand sympathique comme un appareil entièrement indépendant des nerfs cérébrorachidiens : chaque ganglion lui paraissait représenter, à l'égard de ce système, un petit centre nerveux indépendant.

Nous sommes aujourd'hui fort éloignés de ces idées ; et l'on sait, de manière à ne plus en douter, que, si chaque ganglion jouit en effet d'une action spéciale, il ne faut pas cependant attribuer à ces petits renflemenls nerveux une action indépendante. Il est anatomiquement démontré qne le grand sympathique prend naissance au sein de la moelle épinière, et la physiologie a pleinement confirmé celte donnée en démontrant l'influence exercée sur la portion céphahque du ^rand sympathique par la section des racines antérieures sur un point déterminé de l'axe médullaire. La science est définitivement entrée dans cette voie; et l'on parviendra sans doute un jour à démontrer que toutes les ramifications du grand sympathique prennent naissance à la moelle épinière.

Mais ce n'est pas seulement au point de vue des origines

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qu^on avait établi des différences anatomiques entre le grand sympathique et le système cérébro-rachidien ; on admettait aussi que leur mode d'action sur les éléments histologiques soumis à leur influence n'était pas exactement le même. Je vous ai déjà dit qu'une action instantanée est en effet la conséquence des excitations portées sur le système nerveux volontaire, tandis que le grand sympathique se fait remarquer par la lenteur des effets qu'il produit : plusieurs minutes peuvent s'écouler entre le moment d^une excitation portée sur les branches de ce nerf et la contraction qui lui fait suite. Mais cette lenteur avec laquelle se manifestent les phénomènes est, selon moi, l'apahage, non pas du système nerveux de la vie organique, mais des éléments contractiles spéciaux auxquels il se distribue; à cet égard, ma pensée vous est déjà connue.

Il n'existe donc en réalité que des nerfs de mouvement et des nerfs de sentiment : peu importe que l'individu ait ou non conscience des phénomènes qui s'accomphssent chez lui ; peu importe que la volonté intervienne ou non dans les mouvements qui se produisent sur divers points de l'économie; les propriétés nerveuses sont au fond toujours les mêmes. Les nerfs sensitifs, destinés dans le système cérébro-rachidien à transmettre des impressions perçues par le sujet lui-même, sont dépourvus de cette propriété dans le système opposé. Cette différence n'a point une valeur absolue ; car, dans certains états déterminés, on voit les organes splanchniques acquérir une sensibilité qui égale et peut même dépasser celle des parties extérieures du corps; et, dans d'autres cas, l'enve-

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