‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 76 sur 145 · ACTIONS NERVEUSES RÉFLEXES MULTIPLES · texte numérisé non relu

ACTIONS NERVEUSES RÉFLEXES MULTIPLES

Il faut donc nécessairement analyser les phénomènes, «t distinguer deux ordres de nerfs dans les tissus : les uns qui se rendent aux vaisseaux et servent à la nutrition, les autres qui se rendent aux éléments histologiques, dont les fonctions sont soumises à leur influence. Le système de nerf que nous appelons le grand sympathique n'agirait point directement sur le tissu propre de l'organe ; il serait purement et simplement vaso-moteur.

Mais il est évident que les deux ordres de nerfs, l'un et l'autre moteur, sont liés de la manière la plus intime aux fibres sensibles, et que les actions réflexes sont capables de se produire également sur chacun d'eux.

Si nous déposons quelques gouttes de vinaigre sur la langue, la sensation produite sur le nerf lingual donne lieu à une action réflexe qui s'adresse à la corde du tympan et détermine la sécrétion. Mais on peut également démontrer qu'en excitant des nerfs sensitifs en rapport avec les fibres motrices du grand sympathique, on obtient des effets marqués sur l'état des vaisseaux. C'est ce qu'on peut observer sur l'oreille d'un lapin, en excitant l'un des nerfs sensitifs de la partie; on voit bientôt les vaisseaux s'injecter, après s'être subitement resserrés. C'est là, d'ailleurs, une explication de l'action du froid sur le resserrement des vaisseaux par une action réflexe ; et ce qui semble le prouver, c'est qu'en coupant le grand sympathique d'un côté de la tête et en le respectant de l'autre, on voit que Toreille du côté lésé résiste au refroidissement, tandis que celle du côté opposé en subit toute l'influence.

Je me résume en disant qu'il me semble assez probable

c. BERNARD. Patli. exp. 20 .

que, dans l'étude des propriétés si compliquées du système nerveux, nous avons affaire à deux ordres de nerfs : les uns, vaso-moteurs, qui n'agiraient point sur les éléments parenchymateux des tissus ; les autres, céphalorachidiens, qui agiraient sur les organes mêmes, tandis que les vaisseaux resteraient en dehors de leur influence. A l'action des premiers se rattacherait la nutrition, à celle des seconds la fonction même de l'organe.

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