‹ Leçons de pathologie expérimentale [electronic resource]Chapitre 14 sur 143 · GÉNÉRALISATION DES ÉTATS MOHBIDES · texte numérisé non relu

GÉNÉRALISATION DES ÉTATS MOHBIDES

cas, la voie par la(|Lielle les médicaments et les poisons, lorsqu'ils ont pénétré clans l'économie, peuvent produire des effets qui l'envahissent dans son ensemble. Le rôle (ju'ils jouent dans le mécanisme des maladies n'est pas moins important. Les manifeslalions de l'étal morbide sont entièrement placées sous leur dépendance ; car après tout, les affections purement locales méritent à peine de prendre le nom de maladies aussi longtemps qu'elles ne s'accompagnent point de symptômes généraux et qu'elles restent cantonnées dans une région limitée du corps.

Parmi les innombrables agents qui possèdent le pouvoir de détruire la vie, il en est un grand nombre que le médecin philosophe ne saurait regarder comme des agents morbides. Qui songerait en effet à donner ce nom au boulet qui renverse un soldat sur le champ de bataille, ou bien à la foudre qui frappe le laboureur au milieu des champs? On pourrait en dire autant de toutes les autres causes de mort violente. Or, si nous raisonnons par analogie, ne pourrait-on pas classer dans le même ordre un grand nombre de soi-disant maladies? Une tumeur située de manière à comprimer la trachée et qui, par ses progrès incessants finit par suffoquer le malade; un rétrécissement de l'œsophage qui s'oppose au passage des aliments et finit à la longue par produire la mort par inanition ; ce sont là des obstacles mécaniques qui s'opposent à l'accomplissement des fonctions les plus importantes de la vie et déterminent une mort lente, mais inévitable. 11 serait superflu de rapporter ici d'autres faits du même genre.

Le mot maladie doit donc s'appliquer à des désordres d'une nature plus générale dont l'existence se manifeste

par des phénomènes qui retentissent sur la totalité de l'organisme. Les résultats des affections locales peuvent, toutefois, se généraliser ; l'expérience journalière nous l'apprend, et il suffit de vous rappeler les effets bien connus des plaies et des blessures pour vous convaincre que les causes locales peuvent être souvent le point de départ de maladies générales. Les résultats de nos expériences physiologiques sont à cet égard parfaitement d'accord avec l'observation clinique. Si, par exemple, vous introduisez un poison sous la peau d'un animal, son action, pendant quelques instants, sera limitée à un point donné, mais dans un court espace de temps, ses effets se feront sentir dans toute l'étendue de l'économie. Comment expliquer de pareils faits? tel est le problème dont nous allons chercher la solution. La question, comme vous le voyez, a été nettement posée.

Il est incontestable que les substances toxiques ne peuvent agir sur les tissus qui composent l'organisme sans avoir été préalablement absorbées ; mais lorsque, sous leur influence, des phénomènes généraux se produisent, les vaisseaux ou les nerfs ont évidemment joué un certain rôle. Les systèmes vasculaires et nerveux, comme vous le savez, jouissent seuls du privilège de former une chaîne non interrompue dans le corps vivant, et la physiologie fournit dans ce cas un appui direct aux déductions tirées de nos connaissances anatomiques. Les expériences bien connues de Magendie ont démontré qu'après avoir injecté un poison quelconque dans un membre, on peut en suspendre indéfiniment les effets généraux en liant les veines qui mettent la partie empoisonnée en rapport avec

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