HELATION DES LÉSIONS LOC. ET DES MALADIES GÉNÉR
surface du liquide par suite de la diminution de son poids spécifique. On peut supposer que telle est la cause des caractères que présente le caillot, car il est admis que la fibrine dissoute dans le sang, dont elle augmente la densité, est destinée à maintenir en suspension les corpuscules sanguins. Nous les voyons, en effet, tomber au fond d'un vase qui contient du sang défibriné, laissant au-dessus d'eux le sérum complètement incolore. Il est donc permis de croire que dans les inflammations îa fibrine du sang est modifiée, et que l'altération des parois vasculaires détermine sa facile coagulation.
Quand nous examinons sous le microscope la circulation capillaire, nous voyons les globules occuper diverses positions; les uns adhèrent aux parois vasculaires, les autres se meuvent rapidement dans le torrent sanguin. Après avoir injecté dans les artères une quantité considérable de sang défibriné, M. Poiseuille a vu les globules former en quelque sorte un précipité dans les petits vaisseaux comme s'ils obéissaient aux lois ordinaires de la pesanteur; des obstructions plus ou moins étendues se produisaient rapidement de cette manière. En supposant qu'il n'y eût aucune prédisposition spéciale dans l'économie, les poumons et le foie deviendraient nécessairement le siège principal de ces oblitérations, grâce à l'organisation si vasculaire de leur parenchyme. Par ce raisonnement, nous pouvons aisément comprendre la formation de dépôts vasculaires, sur divers points du corps, sous l'influence d'une simple modification des propriétés physiques de la fibrine, quand il existe de l'inflammation. Mais, lorsque le sang cesse de circu-
1er au sein de nos tissus, dont la température est toujours assez élevée pour favoriser l'action des affinités chimiques, une décomposition putride des globules ne tarde [)as à se produire. On le prouve aisément en laissant reposer du sang défibriné dans un vase à la température de 35 degrés centigrades. Les globules s'accumulent au fond du vase; le sérum qui en occupe les parties supérieures ne subit encore aucune altération, mais que l'on retire à l'aide d'une pipette une certaine quantité de ce liquide du voisinage immédiat des globules, et l'on y trouvera de l'hydrogène sulfuré et d'autres produits de décomposition.
Cherchons maintenant ce qui doit probablement résulter de l'accumulation de ces dépôts putrides au sein des principaux organes. Il en résulte d'abord une irritation locale, et cette irritation locale, réagissant à son tour sur l'ensemble de l'économie par les nerfs sensitifs, détermine de nouveau des troubles généraux. Si nous ajoutons qu'il en résulte encore l'appauvrissement du sang, et une nutrition imparfaite laissant manquer les tissus d'éléments réparateurs, personne ne saurait s'étonner de voir une réunion aussi imposante de phénomènes morbides aboutir à la mort. Nous concevons donc une série complète de symptômes pathologiques se développant souvent à la suite d'une irritation purement locale et poursuivant son cours naturel, le point de départ étant une fois donné.
Mais on peut voir des maladies générales se manifester sans être précédées par des troubles locaux. Qu'on injecte, par exemple, une forte dose de carbonate d'ammoniaque dans les veines d'un chien ; après avoir éprouvé un ma-