‹ Leçons de pathologie expérimentale [electronic resource]Chapitre 28 sur 143 · OBSERVATION ET EXPÉRIMENTATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION ET EXPÉRIMENTATION

borne-t-elle pas souvent à l'observatiou pure ? Lorsque vous pratiquez, par exemple, une fistule gastrique pour observer de plus près les phénomènes de la digestion, l'observateur scientifique évitera soigneusement toute intervention qui pourrait troubler le cours naturel de la fonction qu'il étudie; nous avons cependant le droit de soutenir qu'il s'agit là d'une expérience physiologique. Par contre, dans la pratique médicale, on fait à chaque instant des expériences auxquelles on donne le nom observations cliniques. Quand le médecin prescrit à son malade un médicament dont l'action est jusqu'alors inconnue, quand il en observe attentivement les effets, et qu'il publie les résultats de ses recherches, n'a-t-il point fait une expérience ? Nous croyons donc qu'au fond, l'on ne saurait établir une différence absolue entre l'observation et l'expérimentation, car toutes les fois qu'on introduit la logique dans l'étude des faits, qu'on les analyse et qu'on se livre à l'induction, on a fait une expérience.

Nous allons, ainsi que je vous l'ai dit en commençant, consacrer les dernières leçons de ce cours à l'étude de certains poisons. Nous reviendrons sur le curare, que nous avons déjà étudié, mais au sujet duquel nous avons des faits nouveaux et entièrement inédits à vous communiquer; sur la digitaline, l'upas antiar, enfin, sur quelques autres poisons du même ordre. Et dans toutes ces études le point de départ de l'expérience sera toujours l'observation de l'animal à l'état sain ; nous compterons ses pulsations et ses respirations ; nous examinerons le jeu de toutes ses fonctions. Puis, après avoir administré le poison, • nous suivrons attentivement l'évolution des phénomènes

qu'il provoque. Une fois la mort produite, nous rccher-^ cherons la cause qui l'a amenée, en examinant successivement tous les tissus au point de vue de leurs propriétés vitales. En établissant ainsi un parallèle entre l'état sain et l'état pathologique, nous suivrons la voie qui seule peut nous amener à expliquer le mécanisme des phénomènes et à connaître la cause du trouble qui fait cesser la vie.

QUATORZIÈME LEÇON

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