‹ Leçons de pathologie expérimentale [electronic resource]Chapitre 33 sur 143 · SUR LES · texte numérisé non relu

SUR LES

PROPRIÉTÉS DE LA MOELLE EPllÈRE

PREMIÈRE LEÇON

SOMMAIRE : Réflexions préliminaires. — But général du cours. — Influence du système nerveux sur tous les actes de la vie. — Les racines nerveuses se divisent en sensilwes et en motrices. — Dans l'état actuel de la science cette distinction est insuffisante. — Les propriétés physiologiques des tissus vivants, avant de disparaître en entier^ subissent une série de modifications très-itoporlantes à connaître. — L'action des maladies modifie nos tissus d'une manière graduelle, au lieu dé les désorganiser brusquement. — L'extirpation subite d'un organe ne donne donc pas une idée juste des actions pathologiques. — Exemple tiré des modifications de la sensibilité. — Plaies récentes. — Différence entré les tissus doués de sensibilité et les autres qui ne le sont pas ; il n'existe entre eux qu'une différence de degré. — Les variations de la sensibilité se rapportent toujours aux fonctions des racines postérieures. — Les nerfs pneumo-gastriques sont privés de sensibilité chez les aninlaux à jeUn ; ils deviennent sensibles pendant l'acte de la digestion. — Les modifications qui survien'nent dans les propriétés d'un nerf se rattachent habituellement à l'état dés tisslis auxquels il sè distribue. — Effets produits par la section du grand sympathique. — L'augmentation de l'activité musculaire est l'uile des causes principales qui développent la sensibilité de certaines régions du cotps, — Les impressions sensitives ne peuvent s'exprimer que par des mouvements. — Indications fournies par le cardiomètre dans les cas douteux.

Après avoir abordé, dans le cours du semestre dernier, les questions générales qui se rattachent aux études

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que nous avons entreprises, nous devrions enirer directement en matière. Il s'agirait d'examiner successivement les principaux appareils de l'économie, au point de vue des affections diverses dont ils peuvent devenir le siège. Le programme serait immense, et nous ne prétendons pas, assurément, le remplir dans toute son étendue ; de pareils desseins seraient évidemment irréalisables. Il nous suffira, en effet, d'avoir démontré, dans nos leçons précédentes, qu'il faut toujours greffer la pathologie expérimentale sur la connaissance préalable de l'état physiologique, et ne jamais perdre de vue l'être vivant en pleine santé, lorsqu'on cherche à comprendre le travail qui s'accomplit chez l'être vivant malade. Pour le moment, il nous serait manifestement impossible de procéder à ces recherches physiologiques, sur des organes dont la physiologie nous est encore imparfaitement connue; il faudrait, avant tout, pouvoir combler, à cet égard, les lacunes de la science. Voilà pourquoi l'on ne saurait avoir la prétention, en pathologie expérimentale, de parcourir dans son entier le vaste champ de la nosologie scientifique; nous nous contenterons d'en examiner quelques points particuliers; heureux si, dans le cours de nos études, il nous est donné de planter quelques jalons dans ce champ, qui ne peut être défriché que par les travaux de plusieurs générations successives. J'ai pensé que pour servir d'introduction à ces recherches il conviendrait de choisir l'étude du système nerveux. Aucun ordre n'était indispensable à suivre dans cet examen des fonctions de l'économie; seulement, il m'a paru convenable d'accorder la première place à l'appareil qui

présente le plus grand caractère d'universalité. Nous examinerons donc la propriété du système nerveux, en lixant, à l'avance, les conditions des expériences destinées à mettre en lumière l'action qu'il exerce à l'état normal, et les modifications qu'elle peut subir, par suite des altérations pathologiques, que nous chercherons à déterminer à volonté par des procédés artificiels. La connaissance des foncfions de cet appareil harmonisateur des phénomènes de la vie est un guide indispensable dans l'étude des maladies, car il serait impossible de suivre l'enchaînement des symptômes, dans une série morbide, si l'on ne connaissait pas à l'avance la part qui revient au système nerveux.

Le système nerveux jouit chez tous les animaux d'une importance qui s'accroît à mesure qu'on s'élève dans l'échelle des êtres; de telle sorte que chez l'homme et les principaux mammifères, on peut dire qu'il est la source première de tous les phénomènes de la vie. Mais ce grand appareil se prête lui-même à plusieurs fonctions distinctes; et nous devons aux travaux de Ch. Bell et aux expériences de Magendie l'une des plus belles conquêtes de la physiologie moderne ; à savoir la séparation des nerfs en sensilifs et en moteurs. Mais ce premier succès ne suffit point pour nous satisfaire ; les besoins de la physiologie, et surtout delà pathologie, nous obligent à aller plus loin.

Les anatomistes et les physiologistes semblent cependant avoir résumé là tout le problème. Coupez un nerf; une paralysie du sentiment résulte de l'opération; donc le nerf est scnsilif, direz-vous. Coupez-en un autre, c'est

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