‹ Leçons de pathologie expérimentale [electronic resource]Chapitre 36 sur 143 · DES RACINES RACHIDIENNES · texte numérisé non relu

DES RACINES RACHIDIENNES

Mûl er a répété ces expériences avec succès sur les grenouilles, qu'il préfère à tous les autres animaux pour cet usage, parce que l'opération se pratique plus facilement, et ne les fatigue point, comme lorsqu'il s'agit des mammifères; chez ces derniers, dit-il, les troubles qui résultent de l'opération peuvent souvent induire en erreur au sujet des propriétés légitimes des nerfs de la moelle épinière. Nous devons à cet auteur les premières applications méthodiques du galvanisme à l'étude des propriétés du système nerveux ; il l'employa comme moyen de distinguer les racines motrices des nerfs sensitifs.

Le choix des animaux dans la pratique des expériences ne peut être justifié que dans l'hypothèse où les propriétés des nerfs seraient exactement les mêmes chez les animaux inférieurs que chez l'homme; l'analogie nous autorise à le supposer et l'expérience directe l'a pleinement démontré. Si les tissus de même nature ne se comportaient pas de la même façon aux divers degrés de l'échelle animale, toute comparaison entre les animaux d'espèces diverses cesserait inévitablement; mais, heureusement pour la science, il n'en est pas ainsi ; ce qui est vrai chez les êtres dont l'organisation est le plus compliquée, se trouve également vrai pour les organisations les plus simples. Mais la disposition topographique étant fort différente, on comprend sans peine qu'une opération fort pénible sur le chien (telle que l'ouverture du canal rachidien), puisse être, au contraire, beaucoup plus simple à pratiquer sur la grenouille, il arrive même que des expériences, impossibles à faire chez un animal donné, se réalisent sans difficulté chez un autre.

j7/i. PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE.

Rien n'est plus important, en physiologie expérimentale, que de bien fixer les conciliions dans lesquelles une opération se pratique. Or, lorsqu'il s'agit des propriétés des racines rachidiennes, sur lesquelles l'histoire du système nerveux est entièrement fondée , vous comprendrez sans peine combien nous devons tenir à vous indiquer d'une manière précise les règles qui devront vous guider dans l'opération.

Le procédé actuellement employé consiste à mettre à découvert la moelle épinière en ouvrant le canal vertébral. On peut choisir pour cette expérience la plupart des mammifères domestiques, le chien, le chat, le lapin, le cochon d'Inde, etc. Mais les chiens nous paraissent, de tous les animaux, ceux sur lesquels on peut le plus facilement constater les propriétés de l'axe médullaire, grâce à une disposition anatomique qui leur est propre.

La moelle épinière, chez les mammifères, se termine au niveau de la deuxième vertèbre lombaire, en donnant naissance aux nerfs de la queue de cheval, qui sortent du canal vertébral par des trous de conjugaison assez éloignés de leur point d'origine. 11 faut donc habituellement choisir pour ces recherches les deux dernières paires lombaires et la première sacrée, dont les racines sont très-longues ; dans les autres régions, on est exposé à trouver les origines des paires nerveuses beaucoup trop courtes pour servir commodément aux expériences. Or, il faut encore savoir que les racines des nerfs rachidiens sont enveloppées par les méninges et baignées par le liquide céphalo-rachidien, comme la moelle épinière elle-même, jusqu'à leur point d'émergence de la dure-mère. On peut donc praliquer

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