‹ Leçons de pathologie expérimentale [electronic resource]Chapitre 37 sur 143 · DES RACINES RACHIDIENNES, Î · texte numérisé non relu

DES RACINES RACHIDIENNES, Î

l'expérience, soit en ouvrant les méninges rachidiennes pour mettre à nu ces paires nerveuses, soit en les respectant et en prenant la racine en dehors de la dure^-mère, ce qui vaut beaucoup mieux ; mais si l'on opère sur un animal chez qui les deux racines, sensilive et motrice, sont emprisonnées dans une seule et même gaine fibreuse, il devient impossible de ne point l'inciser pour isoler l'un de l'autre ces deux cordons nerveux et mettre en lumière leurs propriétés différentes. C'est, par exemple, ce qui existe chez l'homme; mais chez le chien chacune des deux racines possède une gaine spéciale de la dure-mère; on peut donc opérer sans déchirer l'enveloppe des nerfs, ni répandre le liquide céphalo-rachidien. La même disposition existe chez le chat; mais les racines sont moins longues que chez le chien.

L'opération peut aussi se pratiquer sur la deuxième paire cervicale, grâce à une disposition particulière qui permet, chez le chien, d'agir sur elle, etc., sans ouvrir le canal vertébral. On doit éviter le plus possible d'opérer sur la région dorsale qui réunit toutes les conditions les plus défavorables.

Après avoir choisi le point sur lequel on veut opérer, on ouvre le canal rachidien en divisant les lames vertébrales des deux côtés,- et en enlevant les uns après les autres les arcs osseux des vertèbres; en répétant cette opération sur plusieurs vertèbres, on peut mettre à nu la moelle épinière avec les racines qui en émanent sur une très-grande étendue. Mais en opérant ainsi, de vastes dégâts sont inévitablement produits; des hémorrhagies ont presque toujours lieu, et l'animal, simultanément affaibli

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par la douleur et la perte de sang, demeure quelquefois insensible aux excitations portées sur les nerfs.

L'expérience m'a démontré qu'il convient de limiter le plus possible l'étendue de cette ouverture, en n'attaquant le canal racbidien qu'au niveau des dernières vertèbres lombaires. On divise d'un trait de scie les lames de ces deux vertèbres d'un seul côté, en ayant soin de n'enlever que la partie de l'os voisine du trou de conjugaison ; par cette opération, on se procure quatre racines nerveuses enfermées dans leur gaine; on passe alors délicatement un fd sous chacune d'elles pour la soulever, et l'on peut alors en étudier facilement les propriétés, l'animal ayant été peu fatigué par l'opération; cependant si l'on veut obtenir de bons résultais, il faut lui laisser quelques heures de repos; la sensibilité, d'abord amortie, revient peu à peu, ce dont on s'assure en pinçant la peau ; l'animal, souvent impassible, aussitôt après l'opération, ne tarde pas à manifester une douleur assez vive ; l'innervation de l'enveloppe cutanée a reprisses fonctions momentanément suspendues.

Voyons maintenant quelles sont les expériences dont les racines rachidiennes peuvent devenir l'objet. La plus ancienne de toutes est celle de Magendie, qui consiste à couper la racine postérieure et à constater ensuite par les excitations de tout genre, que la sensibilité a disparu dans les parties correspondantes de la surface du corps, ainsi que dans la portion périphérique du tronc nerveux luimême; tandis que la section des racines antérieures produit une paralysie du mouvement. Cette expérience donne des résultats plus nets chez les batraciens que chez

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