ORIGINE DU GRAND SÏMIUTHIQUE
le bout central demeurant sain; mais après avoir divisé simultanément chez un chien le pneumogastrique et le grand sympathique au cou (car, dans l'espèce canine, ces deux ordres de nerfs sont trop intimément unis pour être divisés séparément), il s'aperçut que la portion du nerf coupé correspondant au pneumogastrique se désorganisait par le bout inférieur, tandis que l'autre qui correspondait au grand sympathique se désorganisait par le bout supérieur.
En rapprochant ce fait singulier des résultats de ses expériences précédentes, il en avait déduit la conckision que le pneumogastrique et le grand syuipalhique se dirigeaient en sens inverse; le premier de haut en bas, le second de bas en haut. En continuant à faire l'application de la même méthode, il a pu s'assurer que le grand sympathique du cou provenait du premier ganglion thoracique, qui, lui-même se rattachait directement par des filets anastomotiques aux racines rachidiennes à la moelle épinière.
Après avoir coupé le grand sympathique cervical chez un lapin, lorsqu'on en galvanise le bout inférieur, rien ne se produit du côté de la tête, mais, en galvanisant, au contraire, le bout supérieur ou périphérique, la pupille d'abord contractée, par le fait même de l'opération, se dilate considérablement. Le grand sympathique de la tête naît donc de la moelle épinière, ce dont on s'assure plus directement encore par la section unilatérale de l'axe médullaire, entre la dernière vertèbre cervicale et la première dorsale : on constate alors une paralysie des fibres rayonnées de la pupille du côté même de la section.
Lorsqu'on cherche à s'assurer si le nerf sympathique émane des racines antérieures ou postérieures, on parvient aisément à se convaincre qu'il naît des premières et non des secondes. En effet, coupez les racines postérieures correspondantes ; aucun effet ne se produira dans la lêle : divisez au contraire les racines antérieures, et vous verrez se produire une contraction de la pupille du côté lésé, avec tous les phénomènes qui annoncent la paralysie du grand sympathique. Mais il faut ajouter que les filets sympathiques destinés à la pupille viennent de deux racines. Enfin, si Fon applique le galvanisme aux bouts centraux de ces racines coupées, rien ne se produit; lorsqu'au contraire on galvanise leur bout périphéri(]ue, on voit aussitôt la pupille se dilater. La série des expériences précédentes démontre très-clairement que le grand sympathique vient de la moelle épinière.
C'est en 1850, qu'en faisant des expériences nouvelles sur le grand sympathique, j'eus l'occasion de confirmer l'exactitude de ces observations ; mais je remarquai, en outre, que, toutes les fois qu'on galvanisait le grand sympathique, soit à son origine médullaire, soit sur un point quelconque de son trajet, on ne provoquait pas seulement une dilatation de la pupille, comme l'avait déjà vu M. Biffi, mais qu'on produisait aussi une diminution notable de la circulation dans la moitié correspondante de la tête. Je montrai surtout que la section de ce nerf, au contraire, augmentait la température du côté lésé, et déterminait une transpiration abondante chez certains animaux (le cheval, par exemple). Ces faits sont les premiers qui aient appelé l'attention des observateurs sur l'aug-