‹ Leçons de pathologie expérimentale [electronic resource]Chapitre 66 sur 143 · FONCTIONS DU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

FONCTIONS DU GRAND SYMPATHIQUE

qui tire son origine de la moelle épinière et dont toutes les ramifications accompagnant les vaisseaux artériels, peut exercer une influence notable sur la température et d'autres phénomènes des parties auxquelles il se rend; coupez-le, la température s'élève et l'abondance des sécrétions interstitielles augmente; galvanisez-le, au contraire, les effets inverses se produisent. De plus, il s'agit d'un nerf évidemment moteur, puisqu'après la section, c'est le bout périphérique, et non le bout central, qui demeure sensible aux excitations directement portées sur lui trajet; donc il était assez naturel de conclure que l'élévation de température et les autres effets observés étaient dus à une affluence extraordinaire du sang dans les parties ainsi soustraites à l'influence du grand sympathique, et que cette activité exagérée de la circulation résultait de la paralysie des vaisseaux capillaires, de leur dilatation passive^ en un mot. Cette manière de voir a été adoptée par beaucoup d'observateurs; pour moi, je crois l'explication au moins incomplète; en effet, j'ai constate qu'à la suite de cette opération, le sang qui revient par la veine est plus chaud que celui qui passe par l'artère. 11 y a donc là quelque chose de plus qu'une simple dilatation passive des vaisseaux; il existe, en pareil cas, une autre action, bien moins connue que la précédente.

Dans mes recherches expérimentales sur les sécrétions, j'ai découvert que la section du grand sympathique met en liberté, pour ainsi dire, une influence antagoniste et toujours agissante, fpii tend à produire des effets directement opposés à ceux qui résultent de la galvanisation de ce nerf. Prenons pour exemple les mouvements de la

pupille, qui ont servi de point de départ aux observaleurs dans l'étude de cette question intéressante de l'antagonisme des nerfs : si la pupille se contracte après la section du grand sympathique du cou, c'est en vertu, dit-on, d'une action antagoniste à celle de ce nerf, et que l'on attribue aux filets émanés de la troisième paire; en un mot, il ne s'agirait point ici d'un phénomène entièrement passif, mais d'un phénomène parfaitement actif, qu'on explique par l'existence de fibres circulaires qui président au resserrement de l'iris. Eh bien! on pourrait assimiler les phénomènes qui se produisent au sein des vaisseaux, dans des conditions analogues, à ce qui se passe dans l'iris, bien qu'il s'agisse d'une contraction dans le premier cas, d'une dilatation dans le second. L'hypothèse que nous émettons ici repose d'ailleurs sur des faits positifs : la dilatation active des vaisseaux est l'un des faits les mieux établis en physiologie. J'ai prouvé, en effet, qu'il existait deux ordres de nerfs vaso-moteurs, les uns constricteurs, les autres dilatateurs, et que leurs propriétés pouvaient, dans l'un et l'autre cas, être mises en jeu par une action réflexe. Voici les expériences sur lesquelles cette opinion est fondée. Si vous coupez le filet du grand sympathique qui se rend à la glande sous-maxillaire, les vaisseaux se remplissent abondamment de sang ; mais on parvient au même résultat, sans diviser le grand sympathique, en galvanisant la corde du tympan ; ces deux nerfs pourraient donc être considérés antagonistes. La dilatation vasculaire observée après la sech'on du premier serait un phénomène actif, soumis à l'influence nerveuse du second; et ce qui semble bien le prouver, c'est qu'après

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