NERFS VASO-MOTEURS
la section simultanée des deux nerfs antagonistes, les vaisseaux se trouvent dans une dilatation qui peut, à bon droit, être regardée comme passive, mais qui est infiniment moins prononcée que celle qui succède à la section ou à la galvanisation de la corde du tympan. Cette série d'expériences que nous discuterons encore plus loin semblerait donc établir l'existence de deux ordres de nerfs vaso-moteurs, qui seraient réciproquement antagonistes.
Maintenant, ces deux ordres de nerfs différents sontils dérivés du grand sympathique? Les données pure ment anatomiques paraîtraient devoir nous faire admettre qu'il n'en est pas ainsi, que les filets émanés des nerfs de la vie organique sont toujours constrictem^s, tandis que les nerfs dilatateurs proviennent des faisceaux moteurs de l'axe cérébro-spinal. En effet, c'est toujours à un nerf moteur du système cérébro-spinal qu'il a fallu, jusqu'à présent, rapporter l'origine du filet qui préside, dans chaque glande, aux phénomènes de sécrétion et de dilatation vasculaire : pour les glandes sous-maxillaire et sublinguale, c'est la corde du tympan; pour la parotide, des filets émanés de la cinquième paire, mais qui paraissent, en dernière analyse, se rattacher au nerf facial. Nous ne chercherons pas à résoudre cette question pour le moment; peut-être trouverons-nous l'occasion de la dis' cuterplus tard. Disons seulement, dès à présent, que tous les observateurs qui ont étudié les fonctions du grand sympathique ont signalé la lenteur avec laquelle il trans-^ met les impressions qui lui sont communiquées; pour ce qui louche aux contractions de la pupille, ce phénomène se produit lentement lorsqu'on galvanise les filets
correspondants du grand sympathique, et les cflets produits persistent quelque temps après que l'excitation a cessé. Il en est de même lorsqu'on agit sur les filets nerveux qui président à la contraction des vaisseaux; mais les nerfs moteurs qui régissent la sécrétion des glandes et dilatent leur réseau vasculaire, lorsqu'ils sont excités, produisent également des effets parfois lents à paraître, et lents à se dissiper. Sous ce rapport, ils se rapprocheraient donc des nerfs émanés du grand sympathique. Cela prouveraitil qu'ils ont la même origine? Non, sans doute; car, dans l'un et l'autre cas, c'est sur l'élément contractile involontaire, sur la fibre-cellule non striée que s'exerce l'influence nerveuse ; or, la lenteur avec laquelle ces effets se manifestent pourrait bien tenir aux propriétés de la libre non striée, au lieu de se rattacher à celles du nerf qui les met en mouvement-, nous savons, en effet, que les anciens analomistes admettaient que l'action des nerfs était déterminée par la nature des parenchymes auxquels ils se distribuaient; peut-être avaient-ils raison sous ce rapport.
En résumé, la moelle épinière préside aussi bien aux phénomènes chimiques de la vie organique qu'aux relations extérieures de la vie animale; elle les gouverne par l'intermédiaire du grand sympathique, système nerveux semblable, à presque tous les égards, au système cérébrospinal, mais inconscient, involontaire, et dont l'aclion s'exerce surtout sur les vaisseaux. Dans la prochaine séance, nous vous fournirons la preuve expérimentale des o[)inions que nous avons avancées dans celle-ci.
QUINZJÈME LEÇON