‹ Leçons de pathologie expérimentale et leçons sur les propriétés de la moelle épinièreChapitre 128 sur 154 · CONCLUSIONS DES ANIMAUX A L’HOMME · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DES ANIMAUX A L’HOMME

quand on met simplement en jeu les propriétés générales de la matière vivante, ces propriétés doivent se retrouver partout, aussi bien chez l’homme que chez les animaux, sauf à voir s’il n’y a pas quelque particularité spécifique qui ait pu modifier la manifestation des phénomènes généraux.

Mais il ne suffit pas de dire que nous expérimenterons sur des animaux, il faut encore examiner quels sont ceux qu’il convient de choisir.

Galien opérait sur des porcs ou sur des singes, et il en donne pour raison que ces animaux sont ceux qui se rapprochent le plus de l’homme ; mais il paraît qu’il ne faisait pas d’expériences sur des singes en public, parce que la vue de ces animaux, leurs grimaces pendant les opérations et la maniéré dont ils expriment leurs souffrances, produisaient une impression pénible sur l’assistance. J’ai moi-même expérimenté, une seule fois, sur un singe, et j’ai éprouvé aussi une émotion désagréable. Ces animaux vous prennent les mains, ils gémissent, leur visage se contracte de mille manières en exprimant la douleur;

damnés à mort. Celse rappelle les vivisections d’Hérophile et d’Erasistrate pratiquées sur des criminels, avec le consentement des Ptolémées. Il n’est pas cruel, dit-il, d’imposer des supplices à quelques Goupables, supplices qui doivent profiter à une multitude d’innocents pendant le cours de tous les i siècles. Le grand duG de Toscane fit remettre à Fallope, professeur d’anatomie ;à Pise, un criminel avec permission qu’il le fît mourir et qu’il le disséquât à son gré. Le condamné ayant une fièvre quarte, Fallope voulut expérimenter l’influence des effets de l’opium sur les paroxysmes. Il administra deux gros d’opium' pendant l’intermission ; la mort survint à la deuxième expérimentation. De semblables faits se sont présentés plusieurs fois, et l’on connaît l’histoire de l’archer de Meudon qui reçut sa grâce parce qu’on pratiqua sur lui la néphrotomie avec succès.

en un mot, ils ressemblent trop a l’homme, et les expériences qu’on voit faire sur eux, sont par conséquent un spectacle trop émouvant et trop pénible. Il est vrai qu’autrefois on ne connaissait pas l’emploi du chloroforme qui diminuerait beaucoup ces inconvénients,

Aujourd’hui, on expérimente surtout sur les animaux domestiques, particulièrement les chiens et les lapins, parce qu’on les a pour ainsi dire sous la main. Il ne faut pas en effet se créer des embarras inntiles, et l’on ne gagnerait rien à faire venir un lion pour ses expériences ; il ne vaudrait pas mieux qu’un chien, et il serait de plus beaucoup moins commode à manier.

Outre les animaux domestiques, il en est un qu’on emploie pour ainsi dire journellement, celui que l’on qualifie de souffre-douleurs des physiologistes et qui a rendu les plus grands services à la science, c’est la grenouille. Cet animal est pour ainsi dire le réactif physiologique ordinaire. On a dit qu’ilétait placé trop loin de nous dans l’échelle zoologique pour être le sujet d’expériences dont on ait le droit d’appliquer les résultats à la physiologie de l’homme : c’est là une erreur complète.

Sans doute, si l’on expérimentait toujours sur le même animal, on ne pourrait pas construire l’édifice physiologique sans avoir des doutes sur la solidité de sa base, parce qu’on ne serait pas certain de n’avoir pas pris pour un phénomène général ce qui ne serait qu’une particularité propre à l’espèce; mais ce n’est point ainsi que l’on a fait. Si le plus souvent on a commencé par expérimenter sur la grenouille, on a expérimenté aussi sur d’autres animaux, et l’on a vérifié chez eux les phénomènes ob-

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