I CA./\U4 I
mjmm
iW ej &- **Y**fc* /'*&*
<UJr*J~mj^ r >‘" u'/nr^ p.
tgvU*\ i ^°~‘>’'rl- J *u' ?>'
ê*th~J
$LJjO v*
3^S ~ pZ*4~» 1 , ~ U) ■. :\ -
ylju^w^- it\**sh±.r'- tÿ ./■•s*./
iwj «-** 'Zp^' ■’' 3rj? ‘^ ’V '*
;s?ooo £i.è**u- £»~* —
&j V'*~ÿpsy P'fojh&k* $ i^ -K-M •- y -• &A- ;’ «•%*/ * {v-^ÿ *-
éf,'&fâ i^www /Jjrt*
5f!» ^ îA'&2f~" l\ T *KRi^ r '
•l& . ~ Lv*a «=■*
$JjijjFVîj'iui\ ~ pr*x *** a fy *
Sr >•#,.■■ '<^y
%^U$ — fr^.;u
^ "V ./ Wti*A; <#* ^ivvviiW ÎV'A>V r^CO l '-LU ^'-
yLàuJCi
5 lk \ Arg
AVANT-PROPOS
On trouvera dans ce volume un cours de Pathologie expérimentale professé au Collège de France en 1859-1860. J’ai voulu conserver à ces leçons leur caractère primitif, et M. le docteur Benjamin Bail, professeur agrégé de la Faculté de médecine, qui les recueillit, il y a onze ans, dans le Medical Times and Gazette (1), a bien voulu se charger de les retraduire en français, afin d’en rendre la reproduction aussi fidèle que possible.
Je vais expliquer en quelques mots les raisons qui me déterminent à en faire aujourd’hui une publication rétrospective.
En 1858, après avoir donné, pendant plusieurs années,
(1) Lectures on experimental pathology and opérative physiology, ■ delivre d at the College de France, during the winter session 1859-60, by M. Claude Bernard, etc. ( Medical Times and Gazette, vol. II, 1860).
AVANT-PROPOS
une série de cours au Collège de France sur des sujets divers et des fragments d’études de physiologie médicale (1), je conçus le plan d’un ouvrage dogmatique de médecine expérimentale.
Malheureusement, les moyens matériels et les installations nécessaires me faisaient défaut ; cependant, sans me décourager, je continuai avec ardeur la préparation de mon ouvrage, dont je publiai l’introduction en 1865 (2).
A cette époque, des améliorations étaient projetées dans renseignement pratique des sciences en France, et lorsque je pouvais croire mes vœux près de se réaliser, une maladie pénible est venue m’arrêter et me tenir pendant six années éloigné de mon laboratoire.
Aujourd’hui, l’état de ma santé' va me permettre, j’espère, de reprendre mes travaux ; mais le temps, la science et les événements ont marché, et le plan de l’ouvrage que j’avais conçu il y a douze ans, doit nécessairement subir des modifications.
Toutefois, il m’a semblé utile de faire connaître mes premières tentatives; ce sont des études qui s’ajouteront
(1) Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine ; Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses ; Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux; Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations pathologiques des liquides de l'organisme ; î volumes publiés de 1854 à 1858.
(2) Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, Paris, 1865, 1 vol. in- 8.
AVANT-PROPOS
naturellement à celles que j’avais déjà publiées antérieurement, et qui montreront l’unité et la constance de mes recherches appliquées au problème scientifique que je poursuis.
Mon cours de 1859 se composait de deux ordres de leçons alternatives et distinctes, les unes de pathologie expérimentale, destinées à l’exposé des principes de la médecine expérimentale, les autres, de physiologie opératoire , traitant de la technique des expériences proprement dites (1).
J’ai distrait de la publication actuelle ce qui est relatif aux études de physiologie opératoire, pour en former un autre volume (2).
On ne trouvera ici que la partie dogmatique du cours. Le principe que j’ai cherché à mettre en évidence, c’est que la pathologie et la physiologie ne se séparent réellement pas dans leur étude scientifique, et qu’il n’est pas nécessaire d’aller chercher l’explication des maladies dans des forces ou des lois qui seraient d’une autre nature que celles qui régissent les phénomènes ordinaires de la vie.
Je me hâte d’ajouter, en répétant ce que j’ai dit en commençant, qu’il ne s’agit là que d’une ébauche, d’un
(1) Voyez le Medical Times , toc. cil.
(2) Voyez Leçons de physiologie opératoire , PaHs, 1879, avec'llC figures.
AVANT-PROPOS
résumé très succinct de leçons elles-mêmes très incomplètes, auxquelles je n’ai cependant rien voulu changer, désirant simplement signaler la direction des idées, tout en leur conservant leur date et leur place dans l’évolution de mes travaux.
C’est la même pensée qui m’a déterminé à donner, à la suite du cours de pathologie expérimentale extrait du Medical Times, et dans leur ordre chronologique, les premières leçons d’autres cours qui ont paru ultérieurement dans divers journaux français de médecine ou de science; seulement on comprendra que cela ait dû entraîner quelques répétitions, puisqu’en effet il s’agit toujours du développement du même sujet.
En résumé, on verra que dans tous les temps mon enseignement s’est proposé un double but à atteindre :
1° Poser les principes de la médecine expérimentale;
2° Établir les préceptes rigoureux de l’expérimentation appliqués à l’étude des phénomènes des êtres vivants.
J’aurai ainsi contribué, dans la mesure de mes forces et des moyens dont je dispose, à la fondation de la médecine scientifique ou expérimentale.
Le sentiment des progrès actuels et de la marche rapide de cette science suffirait à exciter mes efforts, mais je dirai que les traditions de l’enseignement médical
AVANT-PROPOS
du Collège de France m’en font encore un devoir et même un point d’honneur national.
Les expérimentateurs de tous les pays qui, depuis l'antiquité, ont cherché à rapprocher la médecine de la physiologie et des diverses sciences physico-chimiques, sont les vrais promoteurs de la médecine expérimentale. Je rappellerai ici les noms des hommes illustres qui depuis un siècle m’ont précédé dans la chaire de médecine du Collège de France.
En 1771, il y a juste cent ans, Portai y professait un cours de physiologie pathologique dans lequel il analysait les phénomènes des maladies à l’aide d’expériences sur les animaux vivants (1).
Laennec, qui lui succéda, créa l’auscultation et fit faire un pas immense à la médecine expérimentale. A une interprétation vague et incertaine des symptômes des maladies, il substitua un diagnostic précis fondé sur la connaissance des conditions physiques des phénomènes morbides.
Magendie, qui vint ensuite, exerça une influence décisive qui fit pénétrer d’une manière définitive l’expérimentation dans l’étude de la médecine scientifique.
(1) Mémoires sur la nature et le traitement de plusieurs maladies , par Antoine Portai, professeur de médecine au Collège de France, etc., avec le Précis des expériences, sur les animaux vivants , a’ un cours de physiologie pathologique, 2 vol. Paris, 1800.
AVANT-PROPOS
Si l’on voit aujourd’hui cette impulsion expérimentale grandir et se développer à l’étranger par la création et l'installation de magnifiques laboratoires, je ne devais pas laisser oublier que la médecine expérimentale a, dans le sol français, une ancienne et profonde racine qui ne dépérira pas.
Paris, 10 sèptembre 1871.