DES PROPRIÉTÉS INTRINSÈQUES DE LA MOELLE ÉPINIERE
(suite.)
SOMMAIRE : La moelle épinière devient insensible quand elle est séparée des racines postérieures. — Pour le démontrer, il faut arracher les racines postérieures, au lieu de les couper — Résultats d’une section unilatérale des cordons postérieurs. — Augmentation de la sensibilité et de la température des parties correspondantes. — Expériences de Stannius, deTürck et de M. Brown-Séquard. — Les effets d’une section unilatérale sont directs pour la partie inférieure de la moelle épinière, et croisés pour la partie supérieure. — Explication physiologique de ces phénomènes. — Effets pro * duits par une section complète de la moelle épinière. — Augmentation de l’intensité des mouvements réflexes. — Phénomènes observés par Fouquier chez les paraplégiques. — Hypothèse de Müller. — Faits à l’appui — La moelle épinière est un centre nerveux indépendant de l’encéphale.
Messieurs,
Nous avons abordé l’examen des propriétés de la moelle épinière, dans la dernière séance, et nous allons aujourd’hui continuer ces recherches, au point de vue expérimental.
Lorsqu’on se propose de démontrer l’insensibilité de la moelle épinière, après l’avoir dépouillée des racines postérieures correspondantes, ce n’est pas en coupant les troncs nerveux, mais en les arrachant, qu’il convient d’opérer. On conçoit, en effet, que si l’on n’enlevait pas les nerfs sensitifs jusque dans leurs racines, il serait impossible de piquer les cordons postérieurs, même avec