‹ Leçons de pathologie expérimentale et leçons sur les propriétés de la moelle épinièreChapitre 41 sur 154 · MOUVEMENTS RÉFLEXES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS RÉFLEXES

et deviennent plus sensibles à l’action du galvanisme, après leur séparation du corps : mais cette modification ne commence à se manifester qu’après la mort complète des nerfs qui les animent, ainsi que l’a montré M. Faivre. Vous voyez donc, messieurs, que l’excitabilité de tous les tissus parait augmenter, lorsqu’ils se trouvent soustraits à l’influence nerveuse qui les dominait. En un mot, il ne faut pas considérer les nerfs comme de simples excitateurs : ils agissent' aussi comme des freins.

Les propriétés du système nerveux peuvent donc subir des modifications dans leur intensité, qui pourraient au premier abord être prises pour des différences de nature, mais qui ne sont que la suite des conditions diverses dans lesquelles le système nerveux peut être placé.

Ce n’est pas encore tout; il se produit des phénomènes plus complexes et plus singuliers, et qui se rapprochent davantage des conditions pathologiques, chez les animaux qui ont subi la section complète ou partielle delà moelle épinière. Nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet.

Prenez un animal privé des mouvements volontaires par la section transversale de l’axe médullaire ; on ne peut, en général, exciter de mouvements réflexes, soit dans le train antérieur, soit dans le train postérieur, qu’en agissant sur un point sensitif qui est resté en communication avec les nerfs moteurs sous l'influence desquels doivent s’accomplir les mouvements ainsi provoqués : c'est ainsi que, pour déterminer des convulsions du train postérieur, il faut pincer les pattes postérieures, tandis qu’on excite les pattes antérieures, pour amener des convulsions dans

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le train antérieur. Mais, quelque temps après l’opération, l’excitabilité peut atteindre des proportions telles qu’en agissant sur les pattes antérieures, on peut convulser les membres postérieurs eux-mêmes, aut vice versa. Yous pouvez voir ici que cette expérience est pratiquée avec succès, chez une grenouille dont la moelle a été sectionnée en travers depuis un certain temps.

Cette expérience réussit aussi bien chez les mammifères que chez les batraciens ; toutefois le phénomène ne se manifeste que chez les animaux dont l’excitabilité a été modifiée et accrue par des lésions de la moelle épinière. Mais, d’après les idées généralement reçues, on ne devrait pouvoir exciter de mouvements réflexes dans les membres antérieurs qu’en agissant sur des nerfs sensitifs qui aboutissent à un point placé au-dessous de la section. Comment s’opère la transmission, en pareil cas ? Ce n’est pas évidemment par la moelle épinière : ce ne pourrait être que par le grand sympathique, qui est resté intact, ou par le développement et l’extension d’un réseau sensitif périphérique de la peau, qui mettrait en communication les nerfs sensitifs du train antérieur et du train postérieur. Cette dernière opinion est la plus probable.

Il existe dans la science des faits pathologiques complètement inexplicables d’après les idées reçues, qui pourraient peut-être trouver une explication d’après cette théorie. Dans le Journal de Physiologie de Magendie, on lit l’observation d’un homme atteint d’une affection de la moelle épinière, qui marchait encore quelques jours avant la mort, bien qu’avec un affaiblissement marqué. A l’autopsie, on trouva un ramollissement localisé sur

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