‹ Leçons de pathologie expérimentale et leçons sur les propriétés de la moelle épinièreChapitre 54 sur 154 · ACTIONS CHIMIQUES DES NEUFS · texte numérisé non relu

ACTIONS CHIMIQUES DES NEUFS

On serait tenté de croire, au premier abord, que les nerfs chargés de présider à de pareils phénomènes sont des nerfs spéciaux, leur action étant si différente de leurs congénères ; examinons d’abord cette partie deda question.

Je crois que les actions chimiques, dont les divers organes contenus au sein des cavités splanchniques peuvent devenir le siège, ne doivent pas être regardées comme le résultat d’une sorte d’électrolyse, opérée sous l’influence directe de l’influx nerveux. Les nerfs ne peuvent agir directement que sur les tissus dans lesquels ils se distribuent et ils ne sont nulle part en rapport de continuité avec les liquides de l’économie, mais probablement toujours avec le tissu musculaire ou avec une des formes très variées qu’il affecte. Il faut donc, de toute nécessité, qu’un mécanisme déterminé permette au système nerveux d’influer sur la composition des liquides de l’organisme, et ce mécanisme n’est jamais que le résultat de certains mouvements. Pour choisir un exemple bien frappant, l’asphyxie qui résulte de la section des nerfs respiratoires n’est point un phénomène produit par l’action directe des nerfs sur les actions chimiques du sang; mais parla suspension des mouvements respiratoires, qui concourent à l’hématose. Quant aux autres troubles circulatoires qui résultent de la section du pneumogastrique, ils ne sont point dus à une action directe des nerfs sur le mouvement du sang, mais à une action spéciale sur le cœur.

Les rameaux émanés du grand sympathique agissent sans doute sur les sécrétions, sur les excrétions et sur d’autres phénomènes analogues. Mais, en réalité, le système nerveux de la vie organique est essentiellement vaso-

moteur. Et, d’ailleurs, comment reconnaît-on un nerf moteur? Qu’est-ce qui le distingue d’un nerf sensitif? C’est qu’après l’avoir divisé, il agit encore, lorsqu’on excite son bout périphérique, tandis que les nerfs sensitifs n’agissent plus, en pareil cas, que par le bout central. Or, les fibres motrices du grand sympathique se rapprochent, à cet égard, des nerfs moteurs ordinaires : leur activité persiste dans le bout périphérique, lorsqu’ils sont coupés : on voit donc aisément auquel des deux grands systèmes on doit les adjoindre. L’anatomie vient ici corroborer les données de la physiologie ; car si l’on étudie la distribution des rameaux du grand sympathique, on verra qu’ils se rendent également à des éléments contractiles. Il existe en effet dans les vaisseaux des éléments de ce genre ; ce sont les fibres-cellules musculaires non striées. Mais leurs propriétés, un peu différentes de celles des fibres musculaires striées, établissent une différence, au moins en apparence, entre les nerfs moteurs du grand sympathique et ceux des nerfs moteurs du système cérébro-spinal. En effet, ces derniers, agissant sur des fibres dont la contraction succède immédiatement à l’impulsion donnée, produisent des effets presque instantanés ; car la transmission de l’agent nerveux s’opère, comme vous le savez, avec une vitesse de 60 à 80 mètres par 'seconde. Il n’en est pas de même pour les nerfs de la vie organique ; agissant sur des éléments musculaires paresseux, pour ainsi dire, à recevoir l’impulsion, ils ne produisent leurs effets ordinaires qu’un peu de temps après avoir été excités; mais, par compensation, leur action continue quelques instants après que toute excitation a cessé. Voyons

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