‹ Leçons de pathologie expérimentale et leçons sur les propriétés de la moelle épinièreChapitre 7 sur 154 · DES EFFETS GÉNÉRAUX DES MÉDICAMENTS · texte numérisé non relu

DES EFFETS GÉNÉRAUX DES MÉDICAMENTS

SOMMAIRE : Les diverses explications qu’on a jusqu’à présent données relativement à l’action des médicaments sont complètement insuffisantes. — Tentatives pour résoudre la question rationnellement. — Les effets des médicaments doivent être considérés comme des phénomènes physiologiques. — Les divers tissus qui font partie du corps jouissent individuellement de propriétés distinctes et spéciales. — Il existe deux appareils généraux qui sont en rapport avec tous les tissus, à savoir les vaisseaux et les nerfs. — Le sang est le milieu dans lequel existent tous nos éléments. — Le sang transportées substances nutritives à, leur destination. — Le sang est encore le véhicule des médicaments et des poisons. — Les médicaments doivent être envisagés comme des agents physiologiques d’une nature particulière. — Ils agissent sur nos tissus d’une manière entièrement physiologique. — L’action de l’oxygène en est une preuve. — Les propriétés des divers éléments histologiques sont différentes. — Les agents qui peuvent les modifier sont également différents. — Action de la strychnine, du curare, de la digitale, de l’oxyde de carbone, de l’arsenic. — Différence entre les nerfs sensitifs et moteurs. — Les médicaments aussi bien que les poisons n’agissent point sur les organes, mais sur les éléments de tissus. — Différence entre les animaux de diverses -espèces relativement à l’intensité avec laquelle certains poisons agissent sur -eux. — Cette différence existe également par rapport à des tissus homologues chez le même animal. — Le fait s’explique par la vitalité supérieure I de certainsjanimaux et de certains organes. — La digitale arrête l’action du cœur longtemps avant de paralyser les autres muscles. — Le galvanisme agit plus puissamment sur les muscles volontaires que sur ceux ■qui sont involontaires. — Les effets généraux des médicaments s’expli- -quent rationnellement par leur action sur les éléments histologiques.

Messieurs,

Dans la leçon précédente, j'ai examiné avec vous les ■explications qu’on a données relativement à l’action des

substances médicamenteuses. Comme vous 1 avez pu voir, malgré les vues ingénieuses proposées par un grand nombre d’observateurs, aucune solution satisfaisante de la difficulté n’a été jusqu’à présent formulée.

Pour réussir dans cette tentative, et parvenir enfin à une conception rationnelle des effets produits par ces agents, lorsqu'ils ont pénétré dans l’économie, il est indispensable, je le crois du moins, de les rapprocher des actes physiologiques, en écartant absolument les doctrines qui reconnaissent soit à la maladie, soit aux médicaments le pouvoir de modifier radicalement les conditions de la vie, de façon à créer dans l’organisme de nouvelles forces biologiques.

En étudiant les divers tissus ou éléments de tissus qui font partie de l’être vivant, on peut aisément s’assurer que chacun d’eux possède des propriétés spéciales, et que c’est ainsi qu’ils parviennent à remplir les diverses fonctions qui leur sont dévolues. Nous constatons en même temps qu’il existe des appareils destinés à réagir sur les tissus élémentaires qui font partie du corps; ce sont, par exemple, les appareils vasculaires et nerveux. Le sang, transporté par les vaisseaux à toutes les parties du corps, est indispensable à l’existence normale de tous les tissus vivants. Ils périssent rapidement lorsqu’ils sont privés de ce fluide réparateur et vivifiant. Le sang doit donc, comme je l’ai établi depuis longtemps, être considéré comme le milieu intérieur dans lequel vivent tous nos tissus. Il les met en contact avec un nombre immense de substances diverses, provenant de sources différentes,

Page 1