‹ Leçons de pathologie expérimentale et leçons sur les propriétés de la moelle épinièreChapitre 8 sur 154 · GÉNÉRALISATION DES EFFETS MÉDICAMENTEUX · texte numérisé non relu

GÉNÉRALISATION DES EFFETS MÉDICAMENTEUX

les unes tirées de l’atmosphère par la respiration, les autres de la nourriture consommée par l’animal et assimilée par les organes digestifs ; d’autres enfin peuvent pénétrer dans l’économie par d’autres surfaces absorbantes, et toutes concourent à la conservation des conditions physiologiques de la vie.

Ce ne sont point là, toutefois, les seules substances que le fluide circulatoire mette en contact avec les éléments primitifs dont se composent nos organes. Le sang est en même temps le véhicule qui transporte à l’intérieur des tissus vivants et au sein même de leur parenchyme des agents médicamenteux destinés à modifier autrement leurs propriétés ; il faut donc nous habituer à considérer les médicaments comme des agents physiologiques d’une nature exceptionnelle : ils pénètrent dans l’économie par les mêmes voies que les aliments; ils révèlent leur présence en donnant naissance à une série de phénomènes qui, dans chaque cas, sont propres à chacune de ces substances en particulier. Mais une autre question s’élève ici, c’est de savoir comment ces substances étrangères peuvent agir sur nos tissus? Ce n’est point par leurs propriétés physico-chimiques propres, comme je vous l’ai montré dans la séance précédente, mais par des propriétés dites physiologiques, parce que ce sont des propriétés physiques et chimiques provoquées dans la matière organisée et dans les éléments vivants. Lorsque l’oxygène, par exemple, se trouve en contact avec des fibres élémentaires, soit nerveuses, soit musculaires, il y détermine des conditions physico-chimiques qui en augmentent l’activité et maintiennent toutes leurs propriétés

essentielles ; privées de ce stimulant énergique, les fibres nerveuses et musculaires ne tardent pas à mourir; il est probable que dans son essence intime cette action de l’oxygène est d’un ordre physique ou chimique, mais, tant qu’il nous sera impossible d’en préciser la nature, l’observateur devra lui donner le nom d 'action physiologique.

Les éléments histologiques, je vous l’ai déjà dit, possèdent dans chaque tissu des propriétés spéciales, et plus le rang de l’animal est élevé, plus il existe de différences entre les propriétés de ses éléments de tissus. Dans les espèces élevées, des organes spéciaux sont adaptés à chaque fonction spéciale, et dans aucun animal leur nombre n’est aussi grand que chez l’homme. Nous, sommes donc pleinement autorisé à dire que dans les organismes supérieurs la fibre musculaire diffère à tous les égards de l’élément nerveux et de la cellule glandulaire, et que des agents qui ne sauraient exercer aucune influence sur- les unes peuvent agir très énergiquement sur les autres. Nous sommes convaincu qu’au fond les médicaments aussi bien que les poisons n’agissent primitivement que sur certains éléments histologiques spéciaux, même dans le cas où ils paraissent produire un trouble général de toute l’économie. C’est ainsi que la strychnine localise son action sur les nerfs sensitifs à l’exclusion de tous les autres appareils nerveux. D’un autre côté, le curare concnetre son action sur les nerfs moteurs et les paralyse partout où ils existent ; c’est ainsi qu’il arrête les fonctions les plus indispensables à la vie, sans déterminer la moindre lésion des glandes,

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