NERFS CALORIFIQUES
principales sources de la chaleur animale, cessent de s’accomplir. La chaleur ne fait que se déplacer : elle abandonne les parties profondes pour se manifester en excès à la périphérie. Il ne faudrait pas, dans ces circonstances, que l’élévation de température de la peau fit croire à une élévation proportionnelle des organes internes : je ne reviendrai pas ici sur les faits par lesquels j’ai établi que cet accroissement de chaleur est incompatible avec la vie qu’il détruit en faisant cesser les propriétés du tissu musculaire, en produisant l’arrêt subit du cœur.
En résumé, les nerfs vaso-moteurs régularisent la circulation capillaire. Mais ils jouent encore un rôle important dans la production de la chaleur animale. Ils sont des nerfs calorifiques et frigorifiques, en ce sens que leur influence amène dans les organes, tantôt une augmentation, tantôt une diminution de température. Je considère cette dernière action comme indépendante des modifications de la circulation qui peuvent se manifester en même temps, et peut-être seulement d’une manière consécutive à la température produite. En effet, j’ai vu l’influence calorifique et frigorifique se manifester sous l’influence nerveuse sympathique dans des organes dont on avait préalablement lié les vaisseaux et intercepté la circulation. Il est bien connu que la chaleur seule dilate les vaisseaux capillaires et semble paralyser les nerfs vaso-moteurs, tandis que le froid agit d’une façon opposée. Sous ce rapport, les nerfs sympathiques et cérébrospinaux se comporteraient d’une manière inverse.
. Messieurs,
Depuis dix-sept ans que j’ai l’honneur de professer au Collège de France, j’ai successivement exposé dans cette chaire les résultats de mes recherches dans la physiologie et dans la pathologie expérimentales.
J’admets en effet qu’en médecine scientifique la physiologie et la pathologie ont une méthode commune d’investigation, et sont liées entre elles de la manière la plus indissoluble. Je pense avoir contribué à établir cette vérité en fournissant par quelques-uns de mes travaux des arguments directs, puisés à la fois dans l’expérimentation physiologique et pathologique.
Nous poursuivrons encore la même idée. Je chercherai toujours à vous prouver que la médecine ne peut aspirer à prendre véritablement rang parmi les sciences qu’à la condition de se soumettre à la méthode expérimentale, commune à toutes les sciences physiques et naturelles. Par conséquent, vous comprenez de suite ce que j’entends par les mots médecine expérimentale , qui depuis plusieurs
(1) Cours de médecine du Collège de France (15 avril 1864). — Le?»» d’ouverture ( Gazette médicale de Paris, n° 17, 22 avril 1864).