DE LA. MÉDECINE PRATIQUE
années se trouvent indiqués sur l’affiche comme programme de notre cours. Il ne s’agit point d’un système médical nouveau, d’une manière particulière de considérer les maladies pour en déduire un traitement en rapport avec mes vues personnelles, mais ce que j’entends par médecine expérimentale, c’est simplement l’application de la méthode scientifique ou expérimentale à l’étude des phénomènes de la vie, soit à l’état physiologique, soit à l’état pathologique.
La médecine peut être considérée au point de vue pratique comme art ou comme industrie, et au point de vue théorique comme science. C’est comme science que nous devons ici surtout l’examiner. Néanmoins, ces deux faces de la médecine ont une relation nécessaire; et elles sont inséparables dans leur évolution et dans leur but.
Comme 'pratique , les origines de la médecine se perdent, ainsi qu’on le dit, dans la nuit des temps, ce qui signifie que la médecine est aussi ancienne que l’humanité. En effet, elle est fondée sur l’instinct de la conservation qui est inné dans l’homme. L’homme, ayant horreur de la souffrance et paraissant avoir, comme un apanage exclusif parmi les êtres vivants, l’idée de la mort, a dû penser de suite à trouver les moyens d’éviter la mort et la douleur qu’il redoute, et de guérir les maladies qui l’affligent. Puis, chez les peuples civilisés, la médecine a dû devenir un levier puissant; car partout l’idée de sa conservation accompagne l’homme et se combine avec ses autres intérêts. Aussi la médecine pratique se trouve-t-elle mêlée à la religion, à la politique, à la jurisprudence, etc.; en un mot, à toutes les institutions
humaines. Elle a été mise au service des bons sentiments et des mauvaises passions des hommes ; elle est la compagne obligée de la charité chrétienne et de l’assistance publique; mais elle a été parfois un instrument de domination, ou même l’auxiliaire du crime. C’est elle qui a fourni aux empoisonneurs et aux criminels de tous les étages les moyens d’assouvir leur haine, leur cupidité, leur ambition ou leurs instincts dépravés.
Le médecin praticien trouve partout sa place dans la société, depuis les marches du trône jusque dans la demeure de l’ouvrier et du paysan. Il est dans une foule d’occasions le dépositaire des intérêts de l’Etat, dans les grandes questions d’administration publique; il est en même temps le confident des familles et tient souvent entre ses mains leur honneur et leurs intérêts les plus chers. Les praticiens habiles qui comprennent l’importance de leur profession, ont toujours beaucoup d’influence parmi les hommes qui, par amour de leur santé, sont portés à se faire les amis de leur médecin.
Comme science, la médecine n’existe pas encore à l’état de science constituée : elle est seulement à l’état d’évolution. Dans toutes les connaissances humaines, la pratique empirique a nécessairement précédé l’état théorique ou scientifique. La science est toujours arrivée à posteriori pour trouver la loi de phénomènes préalablement observés et recueillis. La loi une fois trouvée, l’empirisme s’explique, et les systèmes à priori disparaissent pour faire place à la théorie scientifi pie qui, d’une part, représente la loi des faits connus, en même temps que, d autre part, elle imprime la direction aux recherches