Leçons de pathologie expérimentale
Depuis quelques années, un mouvement général qui se prononce de jour en jour davantage pousse de toutes parts les esprits dans les voies de l’expérimentation. Il n’en pouvait être autrement en présence des immenses progrès accomplis de nos jours par la physiologie. La médecine, que tant de liens rattachent à cette science voisine et initiale, ne pouvait ni ne devait rester indifférente. Comment n’eût-elle pas réclamé pour elle le bénéfice de toute découverte laite dans le domaine de la vie?
Quelle est la portée, quels sont les avantages de cette direction nouvelle imprimée aux études médicales? Quel fruit pouvons-nous retirer, nous médecins, de l’expérimentation physiologique? Telles sont les questions que je me propose d’étudier avec vous.
Je n’hésite pas à le déclarer tout d’abord : cette tendance, envisagée en elle-même, me paraît légitime et salutaire, et j’éprouve d’autant moins de scrupule à m’y associer, que la résistance pèche par ses arguments. Le progrès des scien ces physiologiques est un fait qui frappe les yeux, et qu’il faut accepter. Reste à savoir si nous préférons le voir se faire sans nous et malgré nous, ou s’il ne vaut pas mieux, dans les limites du possible et du raisonnable, faire touTner à l’avantage de la clinique chacune des données nouvelles dont la science s’enrichit tous les jours. La réponse ne saurait être douteuse.
De 1 uniformité des phénomènes physiologiques et morbides. —
Ln fait, la vie est une, et la maladie n’ajoute rien à l’organisme. Si les causes susceptibles de troubler l’harmonie de la santé sont variables jusqu’à l’infini, le corps vivant, en définitive, réagit toujours avec les mêmes organes et en vertu des mêmes lois. Sans doute ce conflit entre l’écono-
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mie animale et les causes morbifiques qui l’assaillent donne presque toujours des résultats multiples et complexes; mais c’est une raison de plus pour cherchera pénétrer par l’analyse dans l’infinie variété des phénomènes, afin de les ramener un à un sous une loi commune qui les commande et les dirige.
Au surplus, cette complexité n’est pas seulement le fait de la maladie ; elle tient, et pour beaucoup, à la nature même de notre organisation. A mesure que l’on s’élève dans la série animale, on voit la simplicité des réactions organiques faire place à un ensemble phénoménal d’autant plus compliqué que la prépondérance du système nerveux s’accentue davantage dans les espèces supérieures. Celte prépondérance devient telle dans l’espèce humaine qu’elle se subordonne presque tous les actes morbides, et c’est ce qui vous rend compte de la multiplicité d’aspects sous laquelle se présente chez l’homme le moindre phénomène physiologique ou pathologique.
Pourtant, au fond, ces phénomènes ne sont pas d’ordre différent; cela est si vrai qu’il en est un grand nombre qui se présentent avec une complète identité de physionomie, soit que la nature nous en montre le développement spontané sous l’influence de la maladie, soit que nous les produisions artificiellement sur les animaux dans nos laboratoires. Ressemblance remarquable, qui n’implique nullement l’assimilation de la maladie considérée dans son essence, avec les procédés mécaniques ou chimiques dont dispose à son gré le physiologiste expérimentateur, mais qui prouve simplement que les modalités organiques ou fonctionnelles par lesquelles s’exprime la vie ne diffèrent pas, quelle que soit la cause, vitale ou physique, spontanée ou provoquée, qui en suscite l’apparition.
Il suit de là que c’est dans les symptômes, manifestation aveugle des souffrances de l’organisme, que celte similitude se trouvera aussi complète que possible. Les symptômes constituent, permettez-moi la comparaison, une sorte de clavier muet par lui-même, mais dont chaque touche rendra toujours le même son, quelle que soit la main qui le presse.
éni'ralités.
De même chaque organe, chaque tissu, chaque appareil réagira en toute rencontre selon les propriétés vitales dont il est originairement doué, et la mise en jeu de ces propriétés ne signifiera rien autre chose, sinon qu’une cause quelconque est intervenue, capable d’en réveiller l’activité; et si c’est une cause morbide, nous en reproduirons les elléts, car il n’y a pas la une condition nouvelle surajoutée, il y a simplement un nouveau mode d’impression produite sur l’économie. Aussi tous les symptômes peuvent-ils être fidèlement imités par l’expérimentation.
Séméiologie expérimentale. — Considères dailS lOUl' ensemble, ceux-ci peuvent être partagés en trois groupes : les symptômes nervo-dynamiques, les symptômes d’ordre chimique, et les symptômes d’ordre plastique, caractérisés par des phénomènes de formation ou de développement.
Les premiers, ceux que j’appelle symptômes nervo-dynamiques, sont évidemment les plus élevés dans la série; iis dépendent presque exclusivement du système nerveux et musculaire. Ils supposent un certain développement de l’être organisé; car on connaît quelques poisons qui ne paraissent agir sur l’œuf qu’à partir du moment où l’embryon est pourvu d’un système nerveux. Ces symptômes sont faciles à reproduire. C’est ainsi, par exemple, qu’en excitant légèrement sur un cheval le bout central du nerf vague préalablement coupé, ou le nerf laryngé supérieur, on produit le phénomène de la toux, tel absolument qu’il se produit en pathologie. C’est ainsi encore que tous les jours, dans les vivisections, nous provoquons les convulsions, les palpitations, les paralysies du sentiment et du mouvement, en coupant ou en excitant certaines portions du système nerveux central ou périphérique.
Les symptômes d’ordre chimique consistent dans des phénomènes de composition et de décomposition. Ceux-ci sont en général subordonnés à l’action souveraine et modératrice du système nerveux; c’est dans les tissus qu’ils s’accomplissent; sous cette influence, les modifications du sang ne tout que traduire ces intimes transformations de la substance vivante. Le sang n’est jamais malade primiti-
GÉNfilUT.lTfÔS.
vement; il ne fait que participer aux désordres de la nutrition, et de même il ne manifeste ses effets que par l’intermédiaire du système nerveux. Or, c’est précisément par l’intermédiaire du système nerveux que nous avons prise sur les symptômes chimiques; c’est ainsi le plus souvent que nous arrivons à les reproduire. Nous produisons à volonté par ce moyen, ou par des irritants ou par les modifications du régime, des dépôts d’acide urique et d’urates, des diarrhées dyssentériformes ou cholériformes, et toute cette série de modifications de la crase sanguine connue sous le nom d’anémies.
Les symptômes consistant en phénomènes de formation et de développement sont intimement liés aux propriétés inhérentes à la cellule vivante. Ces propriétés subsistent par elles-mêmes; elles sont indépendantes, dans une certaine mesure, de l’action du système nerveux, et des phénomènes chimiques qui s’accomplissent dans les tissus. Sans doute la cellule puise dans le sangles matériaux de son accroissement et de sa multiplication, mais elle les y puise par une action élective et toute spontanée, en vertu de sa vitalité propre. Ce qui le prouve, c’est d’une part, dans l’ordre physiologique, l’incessante reproduction des épithéliums ; c’est l’accroissement et la réparation des fibres musculaires, etc. ; et d’autre part, dans l’ordre pathologique, la formation des produits hétérologues. Quelques anomalies marquent cette analogie fondamentale qui relie entre elles les productions normales et morbides : anomalies de siège, de temps ou de forme. De là la division célèbre que Virchow a établie pour ces tissus, en tissus hétérotopiques, hétérochroniques et hétéromorphiques. Mais en réalité, et malgré ces déviations quelquefois prodigieuses du type primitif, on n’en est pas moins obligé de reconnaître, dans ses égaiements les plus singuliers, celte même force plastique qui préside à l’entretien de tous nos organes, et qui en répare les pertes normales ou accidentelles. En réalité, cette torce physiologique et la nature médicatrice sont complètement identiques. Ce sont deux aspects d’une seule et même puissance,
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Affections expérimentales des tissus et des liquides. ÂiïïSÎ
donc, nous avons reproduit tous ces symptômes; nous pouvons faire plus ; nous provoquons l’inflammation avec tous ses modes. En détruisant les ganglions du grand sympathique, nous déterminons des péricardites, des pleurésies. Et, chose remarquable, pour obtenir le passage de la simple hyperhémie à l’exsudation et à la production du pus, il nous suffit d’affaiblir l’animal en expérience. Mille moyens analogues nous permettent de susciter la fièvre à tous ses degrés. Nous amenons l’atrophie et la dégénérescence graisseuse des muscles en coupant les nerfs qui s’y distribuent.
Voilà pour les affections du solide; nous produisons de même celles qui sont caractérisées par des altérations des liquides. Ainsi en enlevant les reins nous déterminons une urémie artificielle tout à fait comparable à l’urémie pathologique, s’exprimant comme elle par des vomissements, par la diarrhée, par des convulsions.
Certaines maladies peuvent être produites artificiellement.
Mais parviendrons-nous à créer de toutes pièces des maladies? Ceci devient plus délicat. Le symptôme, l’affection, l’altération du sang sont des faits matériels, palpables, qui émanent directement de la constitution des organes. Pour que ceux-ci répondent à nos excitations, il suffit qu’ils soient convenablement interrogés. La maladie, et j’entends parla l’impression morbifique première qui met en mouvement toute la série des phénomènes pathologiques, et du milieu de l’apparente mobilité de symptômes, dégage l’unité et la spécificité qui les fait converger vers un même but, la maladie, dis-je, est un fait d’un ordre plus relevé et, par conséquent, tout autrement difficile à reproduire. Et pourtant les résultats étonnants obtenus déjà dans cette voie nous commandent de ne pas désespérer d’y parvenir.
S’il est un ordre de maladies dans lesquelles l’unité de la cause affective s’affirme avec une suprême évidence, ce sont bien les maladies virulentes. Or, s’il est vrai que nous ne pouvons créer chez les animaux les virus propres à l’es*
x généralités.
pèce humaine, nous trouvons néanmoins chez eux de nombreux points de comparaison et des analogies sérieuses, ils nousfournissentd abord des types physiologiques, exemple le venin de la vipère, si admirablement étudié par Fontana ; pour le physiologiste, entre le venin et le virus, il n’y a qu’une différence de mots. Mais, d’ailleurs, nous possédons de véritables virus animaux. Non-seulement les animaux nous fournissent l’occasion précieuse d’étudier chez eux les effets de l’inoculation, d’expérimenter en un mot, et vous savez quels progrès a faits récemment, par ce moyen, l’histoire de la vaccine; mais nous pouvons même, dans certaines conditions données, sans inoculation, sans contagion, provoquer chez les animaux l’explosion de certains virus. C’est ainsi que la morve se développe par l’excès de fatigue chez les solipèdes qui ont été surmenés.
Le siège occupé dans l’économie par les virus indique la part que prend chaque organe à leur formation, et la singularité même de ces localisations prouve ce qu’il y a d’individuel et de véritablement spécifique dans l’activité de chaque élément histologique. Par exemple, le virus rabique a son siège exclusif dans la salive et dans la bave des animaux malades. De même que la ptyaline, que la pepsine ne sont pas préformées dans le sang, mais se constituent dans les glandes où elles prennent naissance, de même, dans les conditions nouvelles créées par la maladie, le virus existe si peu dans le sang, que ce liquide peut être inoculé impunément à d’autres animaux. La rage n’est donc pas' une maladie du sang, comme on se plaît à le répéter. C’est, à la vérité, une maladie toxique, mais qui se concentre plus spécialement dans les organes glandulaires de la bouche. Le virus morveux existe dans le sang, dans les liquides purulents, dans les liquides exsudés, celui de l’hydrocèle par exemple. On n’en rencontre aucune trace dans les liquides de sécrétion ou d’excrétion, la salive, le suc gastrique, les urines, la bile. Et, chose bien curieuse, malgré cette circonscription si spéciale à certains tissus, à certains liquides, l’état général de l’animal retentit sur ses sièges d’élection , du virus. Prenez un cheval atteint de morve chronique \
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dont le jetage n’est point inoculable. Il vous suffira, pour rendre à ce liquide sa propriété redoutable, d’imposer à l’animal un exercice forcé. L’effet sera pour ainsi dire instantané, et vous le produirez à volonté.
Vous le voyez, messieurs, voilà un virus que nous avons la possibilité de produire; une fois produit, nous le modifions, nous agissons sur lui èomme nous agissons sur les conditions d’exercice d’un organisme normal. En d’autres termes, voilà une maladie véritable, artificielle, tout entière du ressort de l’expérimentation.
Les diathèses ne peuvent pas être imitées. — Il n’en est plllS
de même des diathèses. Nous ne possédons aucun moyen de produire cette profonde imprégnation de l’économie tout entière, dont les maladies diathésiques nous offrent le saisissant tableau; imprégnation telle, que la cause morbide semble désormais identifiée avec l’individu, l’accompagne jusqu’à la mort, et, bien plus, lui survit dans sa postérité. Les expériences ne peuvent rien produire de semblable. Nous arrivons bien à favoriser chez certains animaux la production des tubercules, mais rien ne prouve que nous ayons créé chez eux la diathèse tuberculeuse, ou plutôt tout prouve le contraire; placés dans des conditions hygiéniques que nous leur faisons aussi mauvaises que possible, ils dépérissent et se tubérculisent, ils portent avec eux la prédisposition; mais cela n’arrive pas à coup sûr. D’ailleurs, le propre de la diathèse, c’est précisément de se développer spontanément, indépendamment des circonstances extérieures, ou sous l’influence mystérieuse de l’hérédité.
Avantages de l’expérimentation physiologique pour l’étude de
l’impressionnabilité. — Si l'expérimentation physiologique ne peut produire des diathèses, elle a cependant d’autres avantages, elles vous fournit le moyen d’étudier l’impressionnabilité si variable des animaux aux divers agents morbifiques, et d’en déterminer les conditions. Or ces conditions sont essentiellement du domaine de la physiologie. Quelquefois ce sont des conditions inhérentes à la race, et ceci n est pas vrai seulement de l’homme; les animaux nous
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montrent par de fréquenis exemples ce que l’inégal développement du système nerveux apporte de différence à la vivacité des impressions. Tandis que chez le chien de chasse les opérations sont excessivement douloureuses, le chien de berger paraît les supporter avec la plus grande facilité. Les mêmes différences se remarquent pour les chevaux de sang comparés aux animaux de même espèce, mais de race inférieure.
Quelquefois ce sont des circonstances individuelles, comme l’abstinence ou la digestion, qui décident du degré d’impressionnabilité. Un animal à jeun, pour ressentir les effets de certains poisons, exige une dose double de celle qu’il faudrait administrer au même animal en état de digestion. A quoi tient cette différence? Est-ce à l’absorption? Evidemment non ; car tout le inonde sait qu’elle est plus active à jeun et devrait par conséquent agir dans un sens précisément inverse. Mais c’est que l’animal à jeun descend en quelque sorte d’un degré dans l’échelle physiologique, et présente à l’action toxique une susceptibilité notablement amoindrie.
D’autre part, les maladies créent à leur tour des conditions nouvelles dont il importe de tenir compte, et que la physiologie seule peut expliquer. Dans le choléra, par exemple, l’absorption est anéantie. Voilà un fait au premier abord bien insolite. Mais en prenant un point de comparaison dans l’état normal, nous allons nous en rendre compte.
Un organe qui sécrète ne peut pas absorber. Une glande salivaire à l’état de repos est susceptible d’absorption; elle perd cette faculté dès qu’elle commence à sécréter. N’est-il pas naturel que l’énorme hypersécrétion qui a lieu dans le choléra amène avec elle la suspension de tout phénomène d’absorption? La même remarque peut être faite dans la fièvre typhoïde. On peut administrer aux malades des doses considérables d’alcool sans produire l’ivresse; c’est que l’intestin qui sécrète beaucoup n’absorbe pas cet alcool.
Mais dans l’un et l’autre cas, il y a une seconde raison que nous devons chercher dans le trouble de l’innervation. C’est ce trouble profond qui empêche l’absorption d’avoir
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la plupart des cas où cet agent a été expérimenté. Dans les deux seuls cas où il a réussi, il y avait eu des preuves évidentes d’absorption. La tolérance, à laquelle on a fait jouer
un si grand rôle dans la méthode rasorienne, tient sans doute à la différence d’action des médicaments suivant la dose à laquelle ils sont employés; mais il faut ajouter qu’elle se réduit bien souvent à un simple phénomène de non-absorption. Le médicament ne pénètre pas dans le torrent de la circulation; quoi d’ étonnant s’il ne produit pas ses effets lia bitùels?
Prédisposition locale et imminence morbide. — Ce n CSt paS
tout : r expérimentation nous donne encore la ciel de problèmes difficiles. Qu’est-ce que cette influence mystérieuse qui constitue la prédisposition locale? Pourquoi, une cause morbide étant donnée, est-ce tel organe qui va s’affecter et non pas tel autre? Écoutons la physiologie.
Voici un animal qui meurt d’inanition ; à l’autopsie, on trouve tantôt une pneumonie, tantôt une pleurésie, tantôt une entérite. Évidemment cela ne s’est pas fait au hasard, il fallait qu’il y eût là une prédisposition; nous allons la créer en coupant le nerf grand sympathique, avant de soumettre l’animal à l’inanition. Le résultat immédiat sera une simple dilatation vasculaire. Tant que l’animal sera bien nourri, les choses en resteront là, mais sitôt qu’il sera mis à la diète, nous verrons éclater une violente inflammation dans le point ainsi constitué en état d’imminence morbide. Les résultats funestes de l’abstinence auront porté sur le pars minoris resistentiæ, ce que l’on pouvait prédire à l’avance. Ainsi la prédisposition, cetélal. intermédiaire qui n’est pas encore la maladie, mais qui n’est déjà plus la santé parfaite, gît dans une modification particulière du système nerveux, dont l’expérimentation nous rend compte jusqu’à un certain point.
I)u reste, il ne faudrait pas envisager la prédisposition dans un sens trop général, car elle varie à l’égard des difi’é-
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rentes circonstances provocatrices qui peuvent la mettre en jeu. Vous venez de voir l’animal affaibli ou inanitié (ce qui revient au même) plus difficile à empoisonner que dans l’état de plénitude et de force, mais cela n’est vrai que par rapport à certains poisons, dont le curare offre le type le plus complet. De même les individus affaiblis n’ont pas la même aptitude à contracter toutes les maladies. On peut à ce point de vue partager les agents morbides en deux groupes : les uns agissent à la manière des poisons névrosiques, et ont une influence d’autant plus marquée que le système nerveux est dans un état plus complet d’intégrité. Pour ceux-là donc, la véritable indication c’est d’affaiblir. Les autres, au contraire, se conduisent comme le virus, et pénètrent d’autant plus facilement dans l’économie, qu’ils la trouvent d’avance plus affaiblie. Si vous voulez empêcher le virus morveux d’être absorbé, fortifiez autant que possible. Il en est de même de toutes les maladies contagieuses et épidémiques. Les constitutions affaiblies leur offrent l’opportunité morbide la plus grande possible. Pour combattre ces maladies, ou mieux encore pour les prévenir, l’indication majeure sera de tonifier. C’est dans l’intelligence de ces conditions premières de la maladie, et dans le choix raisonné des moyens à leur opposer par avance, qu’éclatera le véritable tact médical éclairé par la physiologie.
Mécanisme des déterminations morbides; conditions de la généralisation des maladies. — Mais s’il est nécessaire de connaître le mécanisme des déterminations morbides, il est peut-être plus important encore d’apprécier sainement les conditions qui président à la généralisation des maladies. Or les causes pathogénique qui peuvent affecter l’être vivaut n ont que deux voies pour s’introduire au cœur de 1 économie : ou bien elles y pénètrent par l’intermédiaire du système sanguin, ou bien elles s’attaquent directement au système nerveux. Étudions ces deux modes étiologiques.
Les substances toxiques ou contagieuses pénètrent d ordinaire par 'voie centripète. Le système veineux leur sert de porte d’entrée. Plusieurs conditions pourront les arrêter au passage. Si la tension veineuse est suffisante* 1 absoiplion
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