FOLLICULES DES INTESTINS, DES AMYGDALES ET DE LA LANGUE
Partout où il y a un vaisseau lymphatique, on trouve une glande lymphatique ; à l’origine même des vaisseaux se trouvent des follicules qui , pour être moins répandus dans l’économie, n’en jouent pas moins un rôle considérable, qui est identique, de môme que leur texture, avec le rôle et la texture des glandes lymphatiques proprement dites. Tandis que les glandes lymphatiques contiennent plusieurs alvéoles ou espaces lymphatiques, les follicules ne contiennent qu’un seul alvéole; c’est là la seule différence qu’ils présentent avec les glandes lymphatiques proprement dites, dont ils constituent la forme la plus simple. Les plus nettement accusés se trouvent sur le trajet du tube digestif; mais ce ne sont pas les seuls, car on en constate sur d’autres muqueuses, sur la conjonctive, par exemple.
Les follicules de Peyer et de Brunner constituent le type le plus parfait de ces glandes simples; un épaississement membraneux condensé, sous forme d’enveloppe à la surface, une partie fondamentale tournée vers la tunique musculaire de l’intestin et perforée comme un réseau, enfin une couche intermédiaire, voilà le follicule intestinal ; les lymphatiques qui en émergent n’ont aucun rapport avec la membrane d’enveloppe, mais ils entourent la partie médiane et profonde du follicule sans pénétrer dans sa substance; là ils forment des réseaux composés de canaux cylindriques qui convergent ordinairement en alvéoles, et ces alvéoles, de même que les alvéoles desglan-
GENÈSE DES GLOBULES
des lymphatiques , entourent la substance fondamentale des follicules ; ainsi l’analogie est complète avec les glandes lymphatiques.
Les amygdales ne sont que des glandes folliculaires constituées de la même manière; les lymphatiques émergent du tissu interfolliculaire, et entourent les follicules sous forme de réseaux sans y pénétrer (Th. Schmidt).
Les follicules abondent à la base de la langue , et loin de constituer une production morbide, comme le veut Bôtcher, ils constituent une nouvelle source de formations lymphatiques. Tous les follicules sont même moins marqués chez les individus morts dans l’amaigrissement ( Frey ) ; ils semblent être des foyers de rassemblement des corpuscules lymphatiques formés en excès , mais qui n’entrent dans le courant lymphatique que dans les conditions de mauvaise nutrition.
TISSU ADÉNOÏDE.
Une troisième source de globules lymphatiques, et qu’on ne soupçonnait pas avant les récentes recherches de His et de Th. Schmidt, c’est le tissu fondamental de la muqueuse digestive elle-même; considéré jusqu’ici comme étant formé par du tissu cellulaire , il présente en réalité la plus grande analogie avec les glandes de Peyer ; c’est une substance adénoïde avec tous ses caractères :
1° Un réseau de travées connectives ou de cellules anastomosées en connexion avec les vaisseaux capillaires, et contenant dans ses mailles des cellules lymphatiques.
2° Des sillons. Dans ce tissu est sculpté un système de canaux et de sillons destinés à conduire le chyle résorbé ; ces canaux prennent naissance dans les villosités, et s’ouvrent dans le réseau des vaisseaux chylifères sous-muqueux ; ils ne présentent pas de paroi propre , et ne sont délimités que par la substance adénoïde voisine condensée.
3° Les espaces sinueux n’existent qu’à la périphérie, et là ils sont très-développés.
Telle est la substance adénoïde de l’intestin ; ses rapports avec les follicules isolés et agminés sont tels qu’on peut considérer ceux-ci comme une simple dépendance ou un amas de tissu
GENÈSE DES GLOBULES
adénoïde, et le tissu adénoïde lui-même comme du tissu lymphatique ; les différences ne portent que sur des détails : ainsi les ampoules des glandes lymphatiques sont moins vasculaires que les follicules et la muqueuse adénoïde ; dans la matière adénoïde, les vaisseaux sont partout; dans les follicules, les vaisseaux les plus volumineux sont à la périphérie, et la partie moyenne en est dépourvue.
Une autre différence entre ces trois organes, glandulaire, folliculaire et adénoïde, consiste dans la répartition de la substance médullaire. Le tissu de la muqueuse , ainsi que les villosités et les plis muqueux, ne contiennent que des anfractuosités médullaires; les alvéoles des glandes possèdent aussi des sinus péri-alvéolaires.
La muqueuse buccale est douée de la même propriété que la muqueuse intestinale ; le tissu lymphatique y abonde avec ses corpuscules, son réticulum, soit à l’état de follicules, soit à l’état d’infiltration (Th. Schmidt).