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DEUXIÈME SÉRIE. — ÉTIOLOGIE DES ANÉMIES DE PRIVATIONS

A. — Anémies respiratoires, ou par privation

d’oxygène.

Le fonctionnement normal des organes et la production des forces ne s’accomplissent qu’aux dépens des éléments histologiques et de leur incessante métamorphose. De ce travail intime et de la dépense qu’il entraîne avec lui, résulte la nécessité d’une réparation continuelle, indispensable à l’intégrité et à la permanence des organes. Ces moyens de reconstitution, nous les trouvons dans les substances alimentaires et, d’une autre part, dans l’oxygène atmosphérique qui est destiné à comburer toutes les particules nutritives, à révivifier tous les tissus organiques.

La respiration consiste précisément dans l’échange des gaz de l’atmosphère avec ceux de l’organisme, c’est-à-dire dans l’absorption de l’oxygène extérieur, et l’élimination de l’acide carbonique, produit de l’oxydation des tissus. — C’est le sang des capillaires pulmonaires, qui est le siège de cette diffusion des gaz en sens inverse. — Mais ce n’est là que la phase apparente de la respiration; celle-ci comprend en outre une action intime, qui a pour foyer le sang de la circulation générale. Dans son trajet à travers les artères, le sang débite l’oxygène aux divers organes, et recueille à son retour 1 acide carbonique, qui provient des éléments comburés. Le liquide nourricier constitue par conséquent une sorte de milieu interne, où les parenchymes viennent puiser et se dépurer à h fois. Tour bien apprécier les troubles respiratoires et les anémies qui en sont la conséquence, il importe donc de connaître les gaz du sang, ainsi que les mélanges gazeux destinés à 1 élimination.

Gaz clu sang. — L’étude des gaz du sang considérés soit dans leur état de tension, soit dans leur combinaison chimique, peut seule nous expliquer le degré de résistance de 1 homme aux

variations des pressions atmosphériques, la facilité d’accommodation de notre organisme aux altitudes les plus opposées, et la rareté relative des anémies dans les régions élevées.

D’une autre part, l’analyse des résidus gazeux déversés dans l’air à la suite des combustions organiques, nous indique suffisamment pourquoi l’expiration, où l’acide carbonique prédomine d’une manière si manifeste, rend notre propre atmosphère irrespirable ; c’est là l’origine principale des anémies d’encombrement; mais ce n’est pas la seule cause.

Atmosphères insuffisantes. — L’atmosphère environnante exerce une influence plus décisive encore sur la production de ces maladies. L’air n’est propre à la respiration qu’autant que ses éléments constituants conservent des proportions déterminées ; si la quantité d’oxygène s’abaisse d’une manière relative ou absolue, l’atmosphère, devenue insuffisante, ne se prête plus aux échanges gazeux, c’est-à-dire au renouvellement des gaz du sang; de là des anémies par aération insuffisante, qui, bien que très-communes, sont cependant le plus souvent méconnues.

Partout où l’atmosphère est confinée, l’oxygénation devient incomplète, l’aglobulie se développe; l’air restreint par l’espace commence, en effet, par être insuffisant, mais il ne tarde pas à se vicier par l’acide carbonique provenant de l’exhalation pulmonaire elle-même ; c’est donc à un double titre qu’une atmosphère limitée altère l’organisme. Mais, comme l’économie s’accommode jusqu’à un certain point aux milieux ambiants, l’altération ne se manifeste que d’une manière lente, insidieuse; aussi, négligeant le point de départ, on a souvent pris pour des anémies spontanées et sans cause ce qui n’était que le résultat du déficit d’oxygène.

Atmosphères nuisibles et toxiques. — Si l’air ambiant contient lui-même un excès d’acide carbonique de provenance extérieure, si des gaz, soit indifférents, soit nuisibles, sont substitués ou mêlés à l’oxvgène, ces atmosphères viciées ne se prêtent plus entièrement aux échanges de gaz ; c’est ainsi que le séjour ou le travail dans les mines, les boutiques éclairées au gaz, les cuisines, les fabriques d’aniline, finit par déterminer une série d’accidents qui constituent les anémies professionnelles ou par viciation de l’air.

Des lésions de l'appareil respiratoire. — Indépendamment de ces conditions de milieux, il faut tenir compte aussi du mauvais état des organes respiratoires. Qu’importe, en effet, que l’air soit de bonne qualité, si les poumons ne sont pas capables d’en absorber une quantité suffisante? C’est ce qui arrive chez les emphysémateux, les asthmatiques, les phthisiques, etc.; la circulation intra-pulmonaire diminue par suite de l’oblitération des capillaires ; le sang n’est plus suffisamment mis en contact avec l’air extérieur; en un mot, il ne respire plus; il en résulte une anémie qui se traduit par une pâleur et une faiblesse faciles à constater dans la plupart des maladies respiratoires et cardiaques.

Au résumé, l’anémie peut se développer par une atmosphère insuflisante, par une atmosphère viciée, par les changements de pression barométrique, de température, d’hygrométrie et de lumière, enfin par les lésions de l’appareil respiratoire; de là: 1° les anémies par l’air confiné et l’encombrement; — 2° les anémies professionnelles par viciation de l’air ; — 3° les anémies des altitudes et des pays chauds; — h° les inoxydations résultant de la diminution des surfaces respiratoires.

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