Chloroses et pseudo -chloroses infantiles. Si la chlOlOSe
n’est pas congénitale, la raison en est bien simple : les beaux travaux de Poggiale ont démontré en effet que le sang de 1 enfant et des animaux qui viennent de naître présente une proportion de globules très-considérable ; le sang du bout supérieur du cordon, comme le sang placentaire, contient 172
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parties d’hématies sur 1,000 grammes; dans le bout inférieur du cordon,, les globules diminuent tout en étant plus nombreuses encore que chez l’adulte. Au bout de deux jours, le sang du nouveau-né tend à se rapprocher de la normée et surtout chez les animaux qui naissent dans un état de débilité , on s’explique ainsi pourquoi la chlorose n’est pas congénitale.
Il existe souvent chez les nouveau-nés une pâleur extreme avec flaccidité des chairs, la peau est terne et phssée, la maigreur générale, la température tend sans cesse à s abaisser; Hervieux a décrit cet état sous le nom d’anémie; c’est bien plutôt une atrophie ; en aucun cas on ne saurait dire que c est la chlorose. L’atrophie congénitale porte en effet sur tous les tissus, particulièrement les muscles; elle se développe principalement chez les enfants nés avant terme, ou dans de mauvaises conditions hygiéniques, ou d’une mère qui pendant la grossesse a éprouvé des vomissements, des hémorrhagies utérines ou subi des saignées répétées; ces saignées, pratiquées souvent dans le but de réduire le volume de l’enfant dans les grossesses anormales avec implantation vicieuse du placenta, dépassent ordinairement le but, et déterminent 1 atrophie du fœtus. Toujours est-il que cet état d’atrophie n est pas irrémédiable ; les lois de l’hygiène bien appliquées, l’allaitement par une nourrice saine, peuvent triompher de tous les accidents, et ramener la vie, si gravement compromise qu’elle soit.
Anémies de dentition et de sevrage. — A une époque plus avancée de l’enfance, on voit survenir fréquemment des phénomènes d’anémie, qui sont un effet indirect de la dentition ; les souffrances qui marquent l’éruption des premières dents peuvent déterminer de l’irritabilité et de la fièvre; d’autres fois ce sont des troubles digestifs, c’est-à-dire de la dyspepsie, des indigestions ou de la diarrhée, c’est alors surtout que l’anémie se développe avec les caractères de l’assimilation insuftisante ; si dans ces conditions le lait est impaifait ou tiop peu abondant, si la nourriture est trop exclusivement lactée, ou au contraire trop substantielle, et composée de viandes fortes et de vin, selon les prescriptions inintelligentes de certains parents, dans ces divers cas les digestions se troublent de plus en plus, et aux effets de l’assimilation incomplète viendront se
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joindre les effets de l’alimentation vicieuse ; de là une double cause de déperdition qu’on néglige trop souvent par un respect mal entendu de l’aphorisme hippocratique, qui considère la diarrhée pendant la dentition comme un symptôme d’un heureux augure; pendant qu’on se félicite de la persistance de cet état, la diarrhée s’aggrave et finit par devenir incoercible.
Au résumé, la dentition provoque souvent des anémies d’inanition, qui résultent des troubles digestifs. Il en est de même de celles qui se développent à l’époque du sevrage ; à Paris on sèvre en général les enfants à l’âge de dix à dix-huit mois, et quand même la première dentition est achevée, on lui impute encore tous les accidents; il importe cependant d’être d’autant plus sur ses gardes, que les suites fâcheuses d’un sevrage prém a tu ic ne se manifestent pas toujours d’une manière immédiate. La mère voit son enfant pris d’une diarrhée modérée, et nè s’inquiète pas, jusqu’à ce que tout à coup surviennent des accidents graves, des vomissements incoercibles avec colliquation comme sous le nom de choléra infantile. Aussi j’ai adopté pour règle de conduite de combattre la diarrhée dès qu’elle apparaît.
Chloroses infantiles vraies. — A l’âge de h à 12 ans, surtout lorsque l’enfant, quel qu’en soit le sexe, s’accroît rapidement, la chlorose est fréquente, et se traduit par de la faiblesse, de l’essoufflement, une pâleur générale, et des bruits de souffle vasculaire ; ce dernier signe n’a pas de valeur exclusive, et il ne suffit pas, selon la juste remarque de Roger, pour caractériser ni la chlorose ni l’anémie; j’ai constaté le souffle artériel dans une foule de circonstances très-diverses, dans la fièvre, la chorée, la coqueluche, etc., sans qu’il y eût aucun signe d’altération du sang. Ce n’est que la réunion des symptômes qui permet d’affirmer une pareille lésion, dont il restera d’ailleurs encore à déterminer l’origine; avant de prononcer le mot chlorose, il faudra interroger les divers organes, reconnaître l’état des digestions, s’enquérir de l’alimentation, des habitudes vicieuses de l’enfant, enfin des conditions atmosphériques. Toutes les infractions à l’hygiène peuvent amener le développement de l’anémie; la chlorose ne doit être admise que pour et par le seul fait de l’accroissement corporel dispro-
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nortionné avec les forces nutritives et réparatrices de 1 enfant.
5. Chloroses complexes, - Au fur et à mesure qu’on se rapproche de l’époque pubère, la chlorose augmente de fréquence ; l’accroissement du corps et le développement sexuel y contribuent alors pour leur part respective; aussi peut-on allirmer qu’elle commence plus souvent entre 10 et 14 ans qu’a une époque plus avancée. Si elle passe si souvent méconnue, c est qu’on n’en tient généralement compte que s’il survient une série de phénomènes graves, tels que les palpitations, les troubles nerveux. Chez les jeunes filles qui sont formées, cest 1 irrégularité ou la disparition des menstrues, qui donne ordinairement le signal de la maladie; jusque-là le mal paraît latent.
Chez les femmes adultes, s’il se fait une suppression brusque, la chlorose semble dater de ce jour ; on 1 attribue a la frayeui, à l’impression du froid, aux causes morales, en un mot à des conditions accidentelles, tandis que la dépréssion physique et la dénutrition des tissus précèdent souvent, sans frapper l’attention du malade ni du médecin.
Certaines conditions hygiéniques semblent favoriser la production de la chlorose. Rombcrg la considère comme plus fréquente chez les ouvrières des villes, mais il n’a pas fait la part des anémies. Canslatt, au contraire, croit que la chlorose est plus répandue à la campagne ; cela veut dire que, malgré l’aération la plus parfaite, la chlorose peut se montrer, et même chez les femmes qui ont des apparences de force. Toujours estil qu’elle se montre dans toutes les conditions de la vie, dans toutes les classes de la société, sous l’influence soit de l’ovulation imparfaite, soit de l’hérédité.
La ménopause est pour les femmes une cause très-ordinaire de débilitation ; les accidents qui se développent alors sont le fait de l’anémie et non de la chlorose ; ils ont une durée généralement très-limitée, subordonnée à celle des pertes qui en sont la cause ; à cet âge, en effet, il y a des ménorrhagies abondantes, des hémorrhoïdes, souvent aussi des affections cardiaques; il n’en faut pas davantage pour expliquer ces phénomènes.
diagnostic des anémies.
(C). COMPARAISON DES ANÉMIES D’ORIGINE HÉMORRHAGIQUE ET DES ANÉMIES û’iNANITION.
La pathologie expérimentale nous enseigne des différences fondamentales entre les inanitions et les autres espèces d’anémies ; l’alimentation insuffisante entrave les échanges moléculaires de tous les tissus aussi bien que du sang; la résorption, qui ne peut plus s’opérer sur les aliments, s’exerce sur la réserve nutritive, c’est-à-dire sur la graisse, puis sur les matières protéiques des tissus et des humeurs : il en résulte que le san" n’est pas plus atteint que les organes ; dans l’aglobulie due aux pertes de sang, c’est l’inverse qui a lieu; le sang perd ses globules, qui se réparent plus difficilement que les autres éléments du sang; il en résulte que ce sont les appareils (nervo-musculaiies) qui réclament le plus l’intégrité du sang, qui souffrent en premier lieu dans leurs fonctions. L’aglobulie produit surtout des phénomènes nervo-musculaires, soit des régions périphériques, soit des viscères principaux; l’action du cœur se trouble et se traduit par des palpitations, des syncopes; la circulation capillaiie de 1 encéphale se modifie au point de provoquer des vertiges, des éblouissements; la respiration devient difficile ; mais, au milieu de ces désordres, les formes restent intactes, parce que la réserve de graisse n’est point entamée. Chez le pauvre qui souffre de la misère, chez le riche qui digère mal ,
1 aglobulie est au contraire proportionnée au dépérissement général, c’est pourquoi le malade maigrit, la peau se ternit, devient flasque, les forces diminuent d’une manière progressive, uniforme, l’épuisement prédomine sur l’irritabilité; les anesthésies et les hyperesthésies sont plus rares et plus tardives; la dénutrition, en effet, s’opère graduellement partout à la fois, sur les solides comme sur les liquides.
(C.) COMPARAISON DES ANÉMIES DÉGÉNÉRATIVES ET TOXIQUES AVEC LES AUTRES ESPÈCES D’ANÉMIES.
Les anémies dégénératives et toxiques finissent souvent par un état cachectique, que nous décrirons avec les cachexies en général; en même temps nous signalerons les différences qui séparent, ces anémies des autres espèces.
.wifvripQ fT DES AFFECTIONS DU COEUR. 261 DIAGNOSTIC DES CHLORO-ANÉMIES E