diagnostic des chloro-anémies et des affections du coeur
Il arrive souvent que les chloro-anémiques ne se plaignent que de palpitations ou d’une dyspnée spéciale, qui ne s accuse que pa une marche ascensionnelle; les syncopes manquent ordinairement dans ce cas, mais le médecin constate comme dans les maladies du cœur, des irrégularités des battements,
des bruits de souffle cardiaque et vasculaire. Toutelois l analyse de ces divers phénomènes marque de profondes dissemblances entre l’altération humorale et les lésions organiques.
Parmi les affections cardiaques qui en imposent le plus pour la chlorose, il faut compter en première ligne les rétrécissements de l’orifice aortique; en deuxième ligne, les hypertrophies et dilatations des cavités; en troisième ligne, les dégénérescences graisseuses et atrophiques du muscle caidiaque.
Lésions des valvules. - Les maladies des orifices se traduisent toutes par des souffles cardiaques; si un souffle isochrone à la systole se manifeste principalement à la partie inferieure du ventricule gauche, c’est l’indice d’une insuffisance de la va vu e mitrale. Un souffle prèstjslolique ou diastolique, c’est-à-dire qui, dans cette même région, coïncide avec le deuxième ton du cœur et remplit tout le silence, doit être considéré comme le signe d’un rétrécissement de l’orifice mitral. Or, dans la chloio-
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anémie, le souille ne se répand pas jusqu’à la pointe du cœur et ne couvre le deuxième temps que si l’anémie est assez grave pour compromettre la texture du muscle. Par conséquent, l’altération du sang ne saurait être confondue avec aucune des lésions mitrales.
L’insuffisance aortique en est encore plus distincte par son deuxieme ton souflle, ses dilatations artérielles. Parmi les lésions des orifices, le rétrécissement aortique peut seul induire en erreur; il produit un souffle qui couvre toute la systole, présente son maximum à l’insertion sternale du troisième cartilage et se propage en travers du sternum vers le deuxième espace intercostal du côté dfoit; ce sont bien là en partie les caractères topiques du souffle chlorotique, et sous ce rapport la confusion est facile. La tonalité cependant diffère ; en général le bruit anémique est plus doux que le souffle organique: mais ce caractère n’a pas de certitude absolue ; en réalité l’inverse peut avoir lieu.
En effet, dans la chlorose, le trouble de l’innervation cardiaque se traduit souvent par une paralysie des nerfs vagues ; les palpitations qui en résultent sont avec relâchement des muscles cardiaques; il ne saurait se manifester, en ce cas, un souffle intense; il faut pour cela que le sang passe d’un tube étroit dans un espace plus large, c’est-à-dire, passe d’une pression forte à une pression plus faible. S’il existe une excitation de la moelle ou du nerf grand sympathique, les muscles qui soutiennent la valvule aortique sont plus tendus et le passage se rétrécit; le sang subit alors le phénomène de la veine fluide; le souffle se produit au premier temps, ce sont donc des rétrécissements passagers, c’est-à-dire des bruits nervo-musculaires qui se distinguent difficilement du souffle organique.
Les bruits artériels sont les seuls phénomènes stéthoscopiques qui permettent de discerner les deux maladies; dans la chloroanémie, lorsque le bruit est continu ou musical, ou bien avec renforcements qui rappellent le bruit de diable, le diagnostic est assuré ; mais ces phénomènes sont exceptionnels et ne se perçoivent que dans les chloroses les plus évidentes, les plus avancées; lorsqu’au contraire le bruit vasculaire est intermittent, il n’a de signification absolue qu’autant qu’il est localisé