DIAGNOSTIC DES CHLOROSES ET DES AFFECTIONS RESPIRATOIRES
la chlorose, se manifeste par accès dans la tuberculose chronique, par suite de l’oblitération muqueuse des bronches.
Si l’oppression est continue, c’est qu’il s’agit d’une phthisie caverneuse avec oblitération des vaisseaux pulmonaires, et dans ce cas les cavernes sont faciles à reconnaître ; ou bien la dyspnée résulte du rétrécissement du champ respiratoire par une éruption miliaire, et celle-ci ne se manifeste jamais sans fièvre.
La toux des chlorotiques présente, comme la dyspnée, des caractères précis. Dans son excellent mémoire sur la toux hystérique, Lasègue dit que les efforts de toux affectent un certain rhythme monotone; la malade tousse à chaque expiration, ou, ce qui est plus fréquent, à mon avis, elle fait trois ou quatre expirations avec toux avant de pouvoir reprendre sa respiration ; c’est précisément là ce qu’on trouve chez les chlorotiques; et ce rhythme,' une fois établi, se continue presque invariablement, du moins pendant le jour. Dans la phthisie, même au début, jamais la toux ne présente celte régularité, cette sorte de cadence irrésistible qui résulte d’une excitation permanente des branches sensibles du nerf pneumogastrique.
L’expectoration manque presque toujours dans la toux chloro-hystérique ; elle est de règle dans la tuberculose, et se compose de matières muqueuses, compactes, dans lesquelles il est impossible de reconnaître au début de la maladie, quoi qu’on en ait dit, les débris du poumon. Toutes ces différences doivent faire soupçonner la nature de la maladie ; si elles n’étaient pas nettement accusées , l’auscultation et la percussion du thorax lèveraient tous les doutes, car dans la majorité des phthisies commençantes, on trouve de la matité sous les clavicules, la rudesse de l’expiration et le retentissement de la voix.
Les phénomènes de la circulation sont, tout aussi différents, la fièvre et l’animation du visage sont caractéristiques de la tuberculose; la pâleur indique la chlorose, qui se traduit surtout par les bruits du souffle vasculaire.
Les dyspepsies vraies sont plus fréquentes chez les phthisiques que chez les chlorotiques, (jui sont sujettes surtout auxdouleurs épigastriques, à la constipation avec distension gazeuse des instestins.