‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 129 sur 406 · PROCÉDÉ DES DOSES MASSIVES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DES DOSES MASSIVES

tion ou procédé des doses massives. Il consiste à donner immédiatement au sujet, dès les premières inspirations, une quantité considérable de chloroforme; ou, pour employer un langage plus scientifique, lui offrir un mélange dans lequel la vapeur de Tanestbésique soit à une tension partielle considérable. Cela revient, par exemple, à inhaler pendant un temps très court, mettons une demi-minute au maximum, un mélange dont le titre peut osciller entre 20 et 30 p. 100 de chloroforme.

Eh bien. Messieurs, après l'exemple que je vous citais tout à l'heure, exemple démontré par Texpérimentation sur les animaux et duquel il résulte qu'un mélange à 20 p. 100 est capable de tuer un chien en quelques minutes, il est évident que c'est là un procédé avantageux quand il réussit, mais par l'emploi duquel l'individu court des risques extrêmement graves. Certainement, lorsque ce procédé réussit, il escamote, si vous voulez me permettre cette expression, les stades intermédiaires de l'anesthésie; il supprime dans une certaine mesure la période d'excitation et les phénomènes désagréables ou gênants qui en sont la conséquence; mais il ne faut pas perdre de vue que l'expérimentation physiologique enseigne, et que l'expérience sur les malades montre très souvent, que ce procédé est dangereux; et, si ce n'est pas à lui qu'il faut attribuer la presque totalité des cas mortels, c'est certainement à lui qu'il faut attribuer ces anesthésies émolionnantes en présence desquelles on se trouve quelquefois, et au cours desquelles se trouvent réalisés des accidents dont je vais avoir à vous entretenir dans un moment.

Sous l'influence de ce procédé par les doses massives, on est en effet toujours menacé de syncope respiratoire secondaire ou de syncope cardiaque. Ces accidents sont constamment imminents; et, dans bien des cas, le moins qui résulte de l'emploi de cette méthode, c'est une excitation violente qui s'oppose absolument à l'anesthésie subséquente et qui fait qu'on est obligé instantanément de renoncer à ce procédé pour revenir à celui beaucoup plus logique, je le répète, des petites doses administrées comme je vous le disais tout à l'heure.

Par le procédé des doses massives le sujet, comme le fait justement remarquer M. Dastre, est continuellement sur une mai^e étroite entre une agitation violente et une syncope qui peut être mortelle.

Eh bien. Messieurs, tous ces phénomènes fâcheux peuvent être

Page 1