‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 136 sur 406 · DEBUT DE L ANESTHESIE · texte numérisé non relu

DEBUT DE L ANESTHESIE

soumis à Tanesthésie soit confiant dans cette anesthésie. Il faut, je vous l'ai déjà indiqué, je crois, du calme, du silence, et autant que possible des idées, sinon gaies, du moins pas effrayantes, chez ce malade. Eh bien, à ce point de vue, le rôle du médecin est considérable : vous savez tous combien la confiance joue un rôle influent au point de vue de la guérison ; c'est dans ce cas que se montre, dans toute son importance, le rôle moral considérable exercé par le médecin près de son malade, et il dépend de vous seuls de bien diriger ce début. L'individu que vous allez soumettre à l'^nesthésie, s'il a grande confiance en vous, si vous arrivez à le persuader et à lui inspirer confiance, vous le mettrez dans un état moral, dans un étal psychique tel que vous aurez déjà fait la moitié de la besogne, vous aurez gagné la moitié de la bataille, et vous obtiendrez une anesthésie tranquille chez un sujet calme et rassuré. En effet, le plus souvent, l'agitation subite qu'on voit survenir dans la première période de l'aneslhésie n'est pas autre chose qu'une conséquence des illusions ou des interprétations erronées qui se produisent au début de la narcose. Je vous ai déjà indiqué ce fait quand nous avons fait la physiologie générale des anesthésiques. Vous savez qu'à un certain moment un lavage prématuré des téguments ou d'une plaie, l'usage prématuré du rasoir, le pincement explorateur de la sensibilité, les paroles mêmes de l'entourage, paroles que Taneslhésié entend encore alors que vous le croyez privé de sentiment; tout cela constitue autant de causes d'excitation pouvant se traduire par des réflexes qui, eux, sont capables de déterminer des syncopes primitives, ces syncopes que nous allons étudier tout à l'heure sous le nom de syncopes psychiques.

Souvent, vous le savez, une période d'excitation musculaire marque le début de l'aneslhésie. On est obligé assez fréquemment de lutter, dans une certaine mesure, contre l'individu qui se débat: il faut le maintenir avec fermeté, mais sans brusquerie, sans brutalité, de façon précisément à ne pas provoquer chez lui l'idée de lutte, et à ne pas déterminer une rëàètion qui irait précisément à rencontre du but qu'on se propose. Aucune pression ne doit être exercée sur l'abdomen, sur le thorax, sur le cou. Il m'est arrivé parfois, en assistant à des anesthésies dans les hôpitaux, de voir un aide, ayant absolument oublié ces préceptes, placer une cuvette sur l'abdomen ou sur le thorax d'un individu anesthésie. Eh bien, vous

Page 1